Retour au puy de Dôme (1/3) : un sommet mythique du Tour de France Johan van der Velde dans le contre-la-montre du puy de Dôme (Tour de France 1983). Photo Cor Vos

Le puy de Dôme sera la grande attraction du parcours du Tour de France 2023. Après une longue éclipse de 35 ans, la Grande Boucle va renouer le fil de son histoire avec le volcan auvergnat. Un haut lieu de légende qui a offert des épisodes mémorables entre 1952 et 1988. Pour l’occasion, TotalVelo vous propose une mini-série thématique pour se mettre déjà dans l’ambiance, en attendant cette fameuse 9e étape entre Saint-Léonard-de-Noblat et le puy de Dôme (9 juillet).

Au cœur du Massif Central, le puy de Dôme est le point culminant de la chaîne des Puys (1 465 m). Il est situé à vol d’oiseau à une petite quinzaine de kilomètres à l’ouest de Clermont-Ferrand, dominant le paysage autour de la capitale auvergnate. Ce volcan endormi depuis 11 000 ans est labélisé Grand Site de France depuis 2008 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2018. Le « Géant des Dômes » est un site naturel protégé, dont le sommet est seulement accessible par un train à crémaillère ou à pied par des chemins de randonnée.

La série « puy de Dôme » du Tour de France 2023 sur TotalVelo :

Le sommet du puy de Dôme
Photo Clément Lebraud

Le puy de Dôme, un site mythique du Tour de France

Le puy de Dôme fait partie du patrimoine et de l’histoire du Tour de France, au même titre que les grands cols des Alpes et des Pyrénées (Galibier, Izoard, Tourmalet…). En 1952, il inaugure les arrivées au sommet dans le Tour, avec l’Alpe d’Huez et Sestrières. Comme le Mont Ventoux, il est inclassable. Escaladé treize fois seulement, le puy de Dôme est resté dans les mémoires parce qu’il a permis d’écrire des pages mémorables du grand roman du Tour. Son décor est surtout indissociable du duel homérique de l’édition 1964, entre Anquetil et Poulidor.

Les organisateurs ont souvent donné un intérêt stratégique à l’étape du puy de Dôme. Elle a été positionnée plusieurs fois en fin de parcours, comme un dernier rendez-vous montagneux explosif avant la remontée vers Paris. Sur le Tour de France 2023, le puy de Dôme marquera la fin de la première semaine. On espère que le vieux volcan servira une nouvelle fois le scénario de la course !

Le puy de Dôme, la seule montée du Massif Central classée Hors-Catégorie

Le puy de Dôme a une place à part dans la topographie du Tour de France. C’est le seul sommet du Massif Central à pouvoir justifier un classement hors-catégorie. La route qui grimpe en spirale autour de cette grande colline n’a pas d’équivalent. À partir de l’ancienne barrière de péage qui marque le début de l’ascension finale, il reste 4,1 kilomètres à parcourir et 532 mètres de dénivelé à gravir. Cette route décrit une longue courbe à droite quasi-imperceptible, qui donne l’impression d’une rampe qui va toujours tout droit. La pente est régulière (12%) mais se dresse subitement en vue du sommet (18%).

« Ce n’est pas mon truc, une rampe sévère où l’on n’a pas, comme dans d’autres cols, de faux plats où l’on peut reprendre son souffle »

Jacques Anquetil pendant le Tour de France 1964

Le puy de Dôme, le rendez-vous des « vrais » grimpeurs

L’ascension du puy de Dôme favorise les vrais montagnards. On retrouve au palmarès des vainqueurs d’étape une grande majorité de purs grimpeurs et de vainqueurs du Tour… Mais aussi quelques anonymes et seconds couteaux victorieux en échappée. Luis Ocaña et Joop Zoetemelk sont les seuls à avoir dompté deux fois le puy de Dôme. Au contraire, certains grands noms du cyclisme se sont toujours cassés les dents sur ses pentes brutales. Malgré trois tentatives, Merckx n’a jamais été en position pour gagner. Hinault y a connu une sévère défaite contre-la-montre en 1978.

« L’ascension que je crains le plus. Je ne l’ai jamais bien passée »

Eddy Merckx

La légende du puy de Dôme en 4 dates

  • 17 juillet 1952 – Le Campionissimo premier au sommet

Le « Grand Fusil » Raphaël Géminiani flingue dans la côte de Murol et entraîne Gino Bartali dans son action. Le régional de l’étape veut gagner au sommet de « son » puy de Dôme, mais il est coincé par le jeu d’équipe (Bartali menace la place sur le podium de son leader Jean Robic). Longtemps resté au marquage de Robic, le maillot jaune Fausto Coppi se lance seul à la poursuite des fuyards. Irrésistible, il les remonte tous et remporte la première arrivée au sommet du volcan auvergnat. Gem’ est quatrième de l’étape.

  • 12 juillet 1964 – Le coude à coude de légende Anquetil-Poulidor

Le duel Anquetil-Poulidor appartient à la légende du Tour. Anquetil perd la roue de Poulidor à un kilomètre du sommet. Il lâche finalement 43 secondes au Limousin, qui rate le maillot jaune pour 14 secondes. Anquetil a été sauvé par Géminiani, son directeur sportif, qui l’a conseillé dans le choix du braquet. Poulidor n’a pas reconnu la montée du puy de Dôme et aurait profité d’un développement plus souple. Il perd ce Tour de France 1964 pour 55 secondes.

  • 18 juillet 1969 – La lanterne rouge devant le Cannibale

Profitant de l’apathie du peloton, la lanterne rouge Pierre Matignon s’échappe en cours d’étape et creuse rapidement l’écart. Il compte 7’40 d’avance à 20 kilomètres du sommet et conserve 1’25 sur la ligne. Merckx est deuxième. Matignon remonte à l’avant-dernière place du classement grâce à sa folle victoire au puy de Dôme !

  • 11 juillet 1975 – Merckx frappé dans le puy de Dôme

Eddy Merckx connaît pour la première fois la défaite dans le Tour de France 1975. Il subit une défaillance et perd le Jaune à Pra-Loup, où il est nettement battu par Bernard Thévenet. L’avant-veille, il a terminé l’ascension du puy de Dôme à bout de souffle, après avoir reçu un coup de poing au foie d’un spectateur, à 150 mètres de la ligne.

Merckx frappé au puy de Dôme
Frappé dans la montée du puy de Dôme (Tour de France 1975), Eddy Merckx accuse le coup après l’arrivée. Photo Cor Vos

Les vainqueurs au puy de Dôme dans le Tour de France :

  • 1952 : Fausto Coppi ;
  • 1959 (clm) : Federico Bahamontes ;
  • 1964 : Julio Jiménez ;
  • 1967 : Felice Gimondi ;
  • 1969 : Pierre Matignon ;
  • 1971 : Luis Ocaña ;
  • 1973 : Luis Ocaña ;
  • 1975 : Lucien van Impe ;
  • 1976 : Joop Zoetemelk ;
  • 1978 (clm) : Joop Zoetemelk ;
  • 1983 (clm) : Angel Arroyo ;
  • 1986 : Erich Maechler ;
  • 1988 : Johnny Weltz.
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