Retour au puy de Dôme (3/3) : l’étape la plus prestigieuse du Tour de France 2023 Le volcan auvergnat attend le peloton du Tour de France le 9 juillet. Photo Clément Lebraud.

Suite et fin de notre série… avec un focus sur la 9e étape du prochain Tour de France, Saint-Léonard-de-Noblat – le puy de Dôme. À la veille de la première journée de repos, les coureurs vont se jouer une victoire de prestige au sommet du volcan auvergnat.

Le tracé de la 9e étape du Tour de France 2023 est un clin d’œil au plus célèbre épisode de l’histoire de la Grande Boucle, le duel Anquetil-Poulidor de 1964 dans la montée du puy de Dôme. Les coureurs vont partir de Saint-Léonard-de-Noblat, « chez Poupou », et mettre le cap à l’est en direction de Clermont-Ferrand. Ils vont couvrir 182,4 kilomètres et grimper un dénivelé total de 3 600 mètres, sur un parcours « casse-patte » à travers la Haute-Vienne, la Creuse et le Puy-de-Dôme.

La série « puy de Dôme » du Tour de France 2023 sur TotalVelo :

Le profil de la 9e étape du Tour

Le puy de Dôme, le sommet le plus prestigieux du Tour de France 2023

Cette 9e étape est sans doute la plus attendue du Tour de France 2023 ! Elle promet un spectacle exceptionnel à tous les niveaux, côté course et côté décor. Le retour au puy de Dôme suscite un large intérêt, bien au-delà du sportif… Les fans de vélo, les nostalgiques et les amoureux des paysages devraient tous en avoir pour leur compte. On a hâte de redécouvrir le volcan si longtemps abandonné sur le Tour, magnifié par les moyens de retransmission d’aujourd’hui.

Sans public, cette nouvelle arrivée au puy de Dôme promet d’être inédite à l’image. Entre les 50 000 spectateurs de l’épisode 1964 et la solitude promise aux champions de 2023, il est impossible de comparer l’ancien et le moderne. La route de la montée a aussi bien évolué depuis 1988… Elle est devenue plus étroite (3,5 mètres de large), ce qui va rendre le placement au pied encore plus déterminant.

Le puy de Dôme, le point d’orgue de la première semaine du Tour 2023

Le parcours du Tour de France 2023 casse les codes. La première semaine très accidentée offre un schéma original, avec en point d’orgue l’étape du puy de Dôme. Elle suit un Grand Départ musclé au Pays basque et une rapide traversée des Pyrénées, qui auront déjà révélé certaines forces et faiblesses chez les favoris.

Le puy de Dôme compte parmi les quatre arrivées au sommet du Tour 2023, avec Cauterets (6e étape), le Grand Colombier (13e étape) et Saint-Gervais Mont-Blanc (18e étape). Les organisateurs ont évité les sites trop vus et revus, en espérant donner du souffle à la course. Placé à la veille de première journée de repos, le puy de Dôme va avoir une importance stratégique ; la montée a toutes les chances de fournir une grande explication entre les meilleurs.

Le puy de Dôme, une ascension en trois temps

Le puy de Dôme met un point final à une première semaine très dense et dynamique. Il termine aussi une étape exigeante qui emprunte des routes rugueuses sur la première partie. Trois côtes seulement sont répertoriées au classement du maillot à pois (du 4e et 3e catégorie), mais le relief reste toujours « mal plat » jusqu’à la longue descente sur Clermont-Ferrand (15 km). Les organisateurs sont allés chercher le pied du puy de Dôme au point le plus bas possible, au carrefour des Quatre Routes, pour offrir une montée plus dure, classée Hors-Catégorie.

Le profil du puy de Dôme

Le début de l’ascension est situé à 13,3 kilomètres du sommet. Décomposée en trois parties, elle commence par la côte de La Baraque sur une route très large (5 km réguliers autour des 7%). À huit kilomètres de l’arrivée, la montée s’adoucit pendant trois bornes, sur une portion de route départementale décisive pour le placement. À cinq kilomètres du but, le changement de direction au rond-point de La Font de l’Arbre conduit sur une voie étroite et pentue. La route se rétrécit et se redresse encore après le passage de la fameuse barrière, qui annonce les 4,1 derniers kilomètres à 12%. Elle monte doucement « en escargot » autour du volcan, sans aucun lacet, comme une interminable ligne droite toujours raide. Une ultime rampe à 18% mène jusqu’à la ligne d’arrivée, sur un replat en gravel.

Trois coureurs à suivre absolument sur l’étape du puy de Dôme…

La perspective d’une victoire de prestige au sommet du puy de Dôme devrait attirer de nombreuses convoitises dans le peloton. TotalVelo a identifié trois coureurs à suivre absolument au cours cette 9 étape du Tour 2023.

Le natif de Brioude (Haute-Loire) aura la grosse pancarte au départ de Saint-Léonard-de-Noblat. On ne serait même pas surpris de voir l’équipe DSM contrôler la course pour lui donner une chance de jouer la gagne en haut du puy de Dôme. Romain Bardet est sans doute le coureur qui connaît le mieux la montée… Il a avoué avoir déjà bravé l’interdiction de rouler jusqu’au sommet, en passant la barrière au lever du jour. Il détient d’ailleurs le record de l’ascension sur Strava, en 15’58. « J’habite quasiment au pied du puy de Dôme, je suis très impatient de pouvoir le grimper en compétition pendant le Tour », déclarait-il en début d’année, à la présentation du Team DSM.

Rémi Cavagna, le « TGV de Clermont-Ferrand », aura sans doute carte blanche sur cette étape du puy de Dôme, qui arrive chez lui. Ce serait bien surprenant de ne pas le voir animer le début de course, pour essayer de s’échapper, même en solitaire. Comme Bardet, il a déjà fait des reconnaissances « sauvages » sur les pentes du volcan. Il a aussi profité de la reconnaissance organisée le 2 juin dernier pour se tester. Résultat : un chrono de 16’40, sans être « monté à fond ».

Le puy de Dôme est sûrement un trop gros morceau pour qu’un pur puncheur comme Alaphilippe puisse gagner à la pédale. Mais dans un grand jour… On imagine que le Montluçonnais sera surmotivé au départ. Il pourrait aussi convenir d’une tactique commune et offensive avec Cavagna, l’autre Auvergnat de l’équipe Soudal Quick-Step.

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