Plusieurs ONG appellent à la suspension de la licence de l’équipe UAE Team Emirates XRG Plusieurs ONG demandent la suspension de la licence de l'équipe UAE Team Emirates XRG. Photo : A.S.O./Billy Ceusters

Plusieurs ONG demandent à l’UCI de suspendre la licence de UAE Team Emirates XRG, pointant les liens financiers de l’équipe avec l’État émirati et de supposées connexions avec le conflit au Soudan.

Selon le média Domestique, plusieurs organisations de défense des droits humains ont appelé l’Union Cycliste Internationale (UCI) à suspendre la licence de l’équipe UAE Team Emirates XRG. Ces associations invoquent des liens supposés entre l’équipe cycliste avec des soutiens étatiques et de potentielles connexions entre le gouvernement des Émirats arabes unis et les Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan.

Dans une lettre datée du 25 juin et adressée au président de l’UCI David Lappartient avant le Tour de France 2026, les ONG FairSquare, Sudan Unlimited, Christian Solidarity Worldwide et le Bahrain Institute for Rights and Democracy réclament une suspension immédiate de l’équipe ainsi qu’une révision du système de licences concernant les formations soutenues par des États.

La formation UAE Team Emirates XRG serait étroitement liée à l’État émirati

Selon ces organisations, UAE Team Emirates XRG serait étroitement liée à l’État émirati à travers ses principaux partenaires. La lettre affirme que l’équipe vise à représenter les Émirats arabes unis et constitue un symbole de leur réussite sportive. Les ONG estiment que les performances de l’équipe contribuent à renforcer l’image internationale des Émirats arabes unis, dans un contexte où le pays est accusé de soutenir les RSF dans le conflit au Soudan.

La lettre évoque des « preuves irréfutables » faisant des Émirats le principal soutien financier et militaire des RSF, en s’appuyant sur des rapports d’experts de l’ONU, d’Amnesty International, de Human Rights Watch, des services de renseignement américains et de médias internationaux. A l’heure actuelle, Abou Dhabi nie catégoriquement ces accusations.

Les ONG appellent l’UCI à assumer ses responsabilités en matière de droits humains

Les organisations dénoncent également un sport devenu, selon elles, une plateforme de communication pour les États, et appellent l’UCI à assumer ses responsabilités en matière de droits humains conformément aux principes de l’ONU. Elles demandent enfin une réévaluation globale du système de licences, en évoquant notamment le cas de Bahrain-Victorious.

De son côté, FairSquare estime que le modèle économique du cyclisme, très dépendant des sponsors, expose le sport à des usages politiques et de communication. A l’heure actuelle et à quelques jours du Grand Départ du Tour de France 2026, ni l’UCI ni UAE Team Emirates XRG n’ont tenu à réagir à ces accusations.

Le débat dépasse largement le simple cadre sportif : cette prise de position d’ONG relance une question de fond sur le modèle économique du cyclisme professionnel, de plus en plus dépendant de financements étatiques et de sponsors aux enjeux géopolitiques sensibles. Entre performance sportive et influence internationale, jusqu’où le système actuel peut-il aller sans interroger ses limites éthiques ?

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