Le Poggio : watts et temps de montée, le mythe de Milan-Sanremo Le Poggio est le lieu idéal pour les puncheurs de faire "mal" aux sprinteurs sur Milan-Sanremo. Photo : Cor Vos

Le Poggio n’est qu’un « talus », loin d’être insurmontable et aux chiffres peu affolants. Pourtant, présent dans le final de Milan-Sanremo, le premier Monument de la saison, cette montée est devenue mythique et propose une rampe de lancement idéale pour déjouer les sprinteurs.

Le Poggio di Sanremo est bien plus qu’une simple colline. Culminant à environ 160 mètres, cette élévation modeste est devenue légendaire dans le monde du cyclisme sur route. Les pentes de la montée italienne sont souvent le terrain de jeu favori des puncheurs pour faire basculer Milan-Sanremo. Décryptage.

Le Poggio di Sanremo : une bosse loin d’être la plus difficile, mais…

A première vue, le Poggio est loin d’être une difficulté insurmontable. Longue de 3,6 kilomètres, la montée affiche un pourcentage moyen de 3,8%. Accessible pour n’importe quel pro, donc. Mais ce talus, devenu mythique grâce à Milan-Sanremo, est bien plus difficile qu’il n’y parait. Et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que le Poggio intervient à la fin du parcours de Milan-Sanremo. Avec près de 300 kilomètres à parcourir, la classique italienne et premier Monument de l’année n’est autre que la course la plus longue du calendrier UCI. Et le sommet n’est situé qu’à 5 kilomètres de la ligne d’arrivée tracée sur la Via Roma. C’est-à-dire que le Poggio intervient alors que les coureurs ont déjà, environ, 280 à 290 kilomètres dans les jambes.

Ensuite, car il se monte toujours à bloc. Avant d’arriver dans l’ultime difficulté de Milan-Sanremo, les coureurs ont déjà gravi les Capo MeleCapo Cervo et Capo Berta. Mais aussi et surtout : la Cipressa. Située juste avant le Poggio, l’avant-dernière montée du Monument italien permet une première sélection au sein du peloton. Au pied du Poggio, il ne reste donc que les hommes forts et la guerre de placement fait rage pour entrer, dans la meilleure position, dans cette montée. Dès lors, les équipiers roulent souvent à bloc pour leur leader qui attaque dans la partie la plus raide, à environ 1 kilomètre du sommet, avant de plonger dans la descente technique qui mène à la Via Roma.

Combien de watts pour monter le Poggio ?

Si, en 2023, peu de coureurs ont partagé leur données de puissance et leurs watts, Mathieu van der Poel a partagé les siennes en 2021, édition lors de laquelle il s’est classé 5e. Sur l’ensemble des 3,6 kilomètres du Poggio, le Néerlandais a développé 497 watts pendant 5:42 après quasi 290 kilomètres de course. Le pied a été mené à un grand train par les INEOS Grenadiers et notamment Filippo Ganna, avant que Julian Alaphilippe passe à l’attaque dans la partie la plus difficile du Poggio.

Mal placé au moment de l’attaque du champion du monde, Mathieu van der Poel a alors produit un pic à 1 293 watts pour revenir sur l’avant de la course. Dans le dernier kilomètre, souvent décisif, le Néerlandais a développé 658 watts pendant 1:30, environ.

Les records de la montée du Poggio di Sanremo

En 2023, le Poggio a été témoin d’un nouveau record de montée. Sur Strava, Pogacar et van Aert ont franchi les 3,6 kilomètres en 5:36, atteignant une vitesse de 38,5 km/h. Il convient de mentionner que van der Poel a franchi le sommet de l’ascension seul en tête, avec quelques secondes d’avance.

Lors de son attaque, suite à un long relais soutenu de Tim Wellens, Tadej Pogacar a même atteint une vitesse un peu supérieure à 50 km/h, avec une cadence de pédalage de 105 tours par minute. Bien que les données de puissance des coureurs n’aient pas été partagées, en 2021, Mathieu van der Poel avait généré une puissance de 497 watts lors de son ascension du Poggio en 5:42.

Le record de la montée du Poggio a été battu lors de Milan-Sanremo 2023. Photo : Cor Vos
Le record de la montée du Poggio a été battu lors de Milan-Sanremo 2023. Photo : Cor Vos

Le site officiel de Milan-Sanremo : cliquer ici.

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