Entretien exclusif avec Cyril Saugrain Cyril Saugrain est devenu au fil des ans une des voix du cyclisme sur la RTBF.

Il y a quelques jours, TotalVelo a eu l’occasion d’échanger avec Cyril Saugrain, ancien cycliste professionnel (1994-2003) devenu depuis 2013 consultant cyclisme sur les antennes de la RTBF aux côtés de Rodrigo Beenkens avec qui ils forment un duo d’experts passionnés et passionnants. Durant un peu plus d’une heure et sans langue de bois, Cyril est revenu sur ce qui a fait l’actualité en 2022 et ce qu’il attend de 2023.

Voici maintenant près de 10 ans que Cyril Saugrain fait le bonheur des téléspectateurs de la RTBF où il distille ses connaissances, analyses et anecdotes aux côtés de l’inénarrable Rodrigo Beenkens, la « voix » du cyclisme sur les antennes de la télévision belge francophone. Avant d’embrasser la carrière de consultant, Cyril Saugrain fut cycliste professionnel de 1994 à 2003, respectivement au sein des formations françaises Aubervilliers 93, Cofidis, La Française des Jeux et enfin BigMat Auber 93. Spontané passionné, Cyril Saugrain est également un homme qui marche à l’affect. Cet affect qui l’a, par exemple, vu devenir ambassadeur de la bière LA REDOUTABLE ou encore Directeur Sportif (honorifique) du sympathique club EPILATION FIRST – BON SECOURS CYCLING TEAM

« J’aimais les courses de mouvement, j’appréciais les courses en Belgique »

Lorsque l’on demande à Cyril Saugrain quel type de coureur il était, il nous répond :« J’étais plutôt ce qu’on appelle un baroudeur, j’essaie de prendre les échappées de temps en temps, j’étais assez vite au sprint mais pas assez pour remporter des sprints massifs, je grimpais correctement sans être un excellent grimpeur, j’étais plutôt un bon puncheur. Il fallait que je parvienne à sortir avec quelques mecs pour tenter de sortir seul dans le final ou de saisir ma chance au sprint. J’aimais les classiques, je n’étais pas un coureur de course à étapes. J’aimais bien les courses avec du mouvement, j’appréciais venir rouler en Belgique. »

« Ma victoire d’étape sur le Tour en 1996, assurément mon plus beau souvenir »

Lorsqu’on lui demande quel souvenir le marque encore aujourd’hui, Cyril parle de sa victoire d’étape lors du Tour de France 1996, lors de la 4ème étape, Soissons – Lac de Madine. « Le Tour c’est le Tour, quand on commence à faire du vélo, on rêve du Tour de France. Pouvoir le vivre et en être durant l’espace d’un instant le héros, c’est une sorte d’aboutissement. Tout au long de ma carrière, j’ai composé avec mes qualités pour les exploiter au mieux. Tout en étant davantage un coureur d’un jour, il y avait beaucoup plus d’opportunités pour pouvoir m’exprimer lors des courses à étapes. Il y énormément de bons coureurs professionnels au sein du peloton, c’est toujours compliqué de gagner. C’est parfois plus simple sur des courses à étapes que sur des courses d’un jour. »

La victoire de Cyril Saugrain lors de la 4ème étape du Tour de France 1996

Les faits marquants de 2022 : van Aert à Calais, Evenepoel aux Mondiaux

« La victoire de Wout van Aert lors de l’étape du Tour qui arrivait à Calais. Faire ce qu’il est parvenu à faire, là où tout le monde l’attendait. Il est sorti à la pédale, il a sorti tout le monde de la roue et il a tenu jusqu’à l’arrivée, c’était un très très grand moment de vélo, un moment extraordinaire, un truc de dingue. » Cyril pointe également les Mondiaux en Australie et la démonstration de Remco Evenepoel. « Il réalise à nouveau un exploit, une course quasi parfaite. Il ne s’impatiente pas, il est présent, il va dans les échappées. Lorsque le gros coup sort, il est là. Il attaque maintes et maintes fois puis à un moment à la pédale, il y arrive. Il prend 50 puis 100 mètres et c’est parti. »

« Je ne pense pas que la supériorité de van Aert cet hiver impactera la saison sur route »

Van Aert et van der Poel s’affrontent tellement souvent depuis tellement longtemps que tous les deux savent qu’à un moment l’un prend le dessus sur l’autre et vice versa.

Wout van Aert a évité la chute de justesse à Benidorm lors de la Coupe du Monde de cyclo-cross. Photo : Cor Vos
Wout van Aert a évité la chute de justesse à Benidorm lors de la Coupe du Monde de cyclo-cross. Photo : Cor Vos

Nous demandons ensuite à Cyril Saugrain si l’actuelle saison de cyclo-cross qui touche à sa fin a permis à un Wout van Aert dominateur de prendre un léger ascendant psychologique sur Mathieu van der Poel en prévision des classiques à venir. « Non, je ne pense pas. Ils se connaissent depuis tellement longtemps ! Pour ce qui est des Championnats du Monde de cyclo-cross à Hoogerheide, c’est vrai qu’avec ce qu’on a vu ces derniers temps, on se dit qu’il n’y a pas photo, le titre ne doit pas échapper à van Aert. Mais on sait comment ça se passe dans le vélo, un souci technique, un jour moins bien et on obtient pas le résultat espéré. Je ne crois pas qu’il y aura une incidence par rapport à la saison sur route. Mathieu sait ce qu’il a à faire. Son principal souci à l’heure actuelle, c’est de résoudre ses soucis dorsaux. Van Aert et van der Poel s’affrontent tellement souvent depuis tellement longtemps que tous savent qu’à un moment l’un prend le dessus sur l’autre et vice versa. »

« Le recrutement de Cavendish chez Astana me fait penser à un arrangement entre amis avec Vinokourov »

En ce qui concerne Mark Cavendish qui a rejoint les rangs de la formation Astana, Cyril Saugrain se souvient qu’à l’époque du transfert du britannique chez QuickStep il était plutôt sceptique quant aux chances de voir le britannique encore être en mesure de s’imposer : « Est-ce que je voyais Mark Cavendish gagner des courses sous les couleurs de la formation QuickStep ? Honnêtement non. Malgré tout, j’étais nuancé étant donné les qualités intrinsèques de Cavendish. Il ne faut jamais oublier que 75% des courses cyclistes se terminent au sprint. Un coureur tel que Cavendish, dès lors qu’il a retrouvé la forme, lors d’une arrivée au sprint, rien ne dit que ça ne peut pas lui sourire. A l’inverse d’un Christopher Froome qui n’est plus en capacité d’exister tant en montagne que lors d’un contre-la-montre. En ce qui concerne son recrutement chez Astana, je pense qu’il s’agit d’un arrangement entre amis avec Vinokourov. Cavendish voulait continuer à faire du vélo. J’ai du mal à croire qu’il refera chez Astana ce qu’il a été en mesure de réussir chez QuickStep. Il ne sera pas entouré de la même manière. »

« Le transfert de Jay Vine chez UAE Team Emirates, un des plus beaux coups »

Cyril Saugrain a particulièrement apprécié l’arrivée de Jay Vine au sein de la formation UAE Team Emirates. « Je trouve qu’on parle peu de ce transfert et pourtant c’est selon moi un très joli coup réalisé. Jay Vine arrive avec une grosse envie de réussir mais en sachant bien qu’il y va avant tout pour aider Tadej Pogacar. »

Du côté de la Jumbo-Visma, on se dit qu’on a plus à gagner avec deux leaders qu’avec un leader unique sur qui les adversaires pourraient calquer leur course

Un second transfert qui m’a plu, c’est celui de Dylan van Baarle chez Jumbo-Visma. Même si l’équipe était déjà très solide, on apporte aux côtés de Wout van Aert un homme solide et capable de remporter de grandes classiques. Van Baarle ne sera pas uniquement au service de van Aert. Je pense que du côté de la formation Jumbo, on se dit qu’on a plus à gagner avec deux leaders qu’avec un leader unique sur qui les adversaires pourraient plus facilement calquer leur course. Ce raisonnement est valable en ce qui concerne Jay Vine chez UAE qui a déjà montré de très belles choses sur des Grands Tours. « 

« Triste pour les mecs qui se retrouvent sans rien du jour au lendemain »

La fin d’année 2022 a mis fins aux derniers espoirs de la formation française « B&B Hôtels » dirigée par Jérôme Pineau. Une fin d’aventure prématurée difficile à avaler tant pour les coureurs de l’équipe que pour les membres du staff qui se sont retrouvés sur le carreau du jour au lendemain, sans jamais recevoir de véritables explications de la direction de l’équipe. « C’est une triste fin, ça me fait mal au coeur pour les coureurs et le staff qui se retrouvent à la rue. Pour avoir discuter avec Audrey Cordon-Ragot, par exemple, il faut savoir qu’elle avait refusé une offre de chez Trek en privilégiant le projet B&B Hôtels. Son époux était mécanicien au sein de la formation B&B Hôtels. Les deux se retrouvent sans rien, c’est dur. Axel Laurance qui fait une superbe fin de saison ne répond pas aux différentes offres qui lui parviennent étant donné qu’il est toujours sous contrat chez B&B Hôtels. Finalement, en novembre Axel se retrouve sans rien, c’est compliqué. Tu n’a alors plus trop le choix, tu acceptes ce qu’on te propose, c’est la même situation pour sa soeur Typhaine qui était également sous contrat chez B&B Hôtels. Heureusement pour Axel tout s’est ensuite arrangé (ndlr : il a rejoint l’équipe de développement de la formation Alpecin-Deceuninck). Côté staff, c’est vraiment malheureux que ce genre de situation puisse arriver.

« Aussi la responsabilité des médias »

« C’est dommage qu’il n’existe pas des engagements qui font que ces situations ne puissent plus se reproduire. Malgré tout, lorsque tu as un sponsor qui t’as dis des choses,… Est-ce que, par exemple, les contrats étaient déjà signés ? C’est toute la problématique des médias. Aujourd’hui, tout le monde veut savoir tout avant tout le monde, tout le monde veut avoir l’info. J’ignore si c’est Jérôme Pineau qui est allé voir les médias en déclarant certaines choses, est-ce qu’il en dit plus qu’il n’aurait du en dire ? On a toujours cette sensation que les médias veulent être les premiers à annoncer l’information. Ils parlent un peu tôt, ils disent des choses. Ca peut parfois mettre dans l’embarras les partenaires ou les gens qui négocient les contrats. Il faut rester très prudent quant au rôle que peuvent avoir les médias. Faire fuiter des choses, c’est risquer de les faire capoter. Mais le plus triste finalement, c’est qu’il y a des mecs qui se sont retrouvés sur le carreau, sans rien. »

« Les deux titres mondiaux ont engendré beaucoup de pression chez Julian »

« Evidemment que Julian peut rebondir après une saison 2022 compliquée. Il faut pouvoir appréhender la saison catastrophique qu’il vient d’achever avec une chute sur les Strade Bianche. Après, les choses ne tournent pas comme il faudrait, la chute lors Liège-Bastogne-Liège et du coup pas de Tour de France. C’est malheureux mais ça passe tellement vite une saison dans ces cas-là. Mais n’oublions quand même pas que Julian, c’est deux années consécutives Champion du Monde, ce qui engendre beaucoup de pression. Il a été énormément sollicité médiatiquement, ce qui accroît encore davantage la pression. Julian a toutes les qualités pour rebondir. »

« Il est dans une formation capable de le repousse dans ses retranchements. Mais attention, Julian aime être sous pression mais il n’aime pas qu’on le prenne pour un con. Honnêtement, Je ne suis pas surpris par les dernières sorties médiatiques de Patrick Lefevere, c’est sa façon de fonctionner. C’est un révélateur de talents mais c’est aussi quelqu’un qui est capable de dire à un coureur du calibre de Julian Alaphilippe qu’il ne répond pas aux attentes. Personnellement, je ne cautionne pas cette manière de faire mais Lefevere est certainement le seul qui soit en mesure d’agir de la sorte au sein du peloton professionnel. Soudal-Quickstep, c’est la seule équipe où tu peux avoir un mec qui se permettra de mettre un coup de pression à un Julian Alaphilippe. Tu mets Julian dans n’importe quelle autre équipe, il sera chouchouté. Si il y a une équipe où Julian est capable de rebondir, c’est probablement chez Soudal-Quickstep. Dans d’autres formations, Julian aurait systématiquement sa place de leader sans même devoir se battre. »

Julian Alaphilippe a montré qu'il était particulièrement affûté au stage de pré-saison. Photo : Soudal Quick-Step/ Luc Claessen/Getty Images
Julian Alaphilippe a montré qu’il était particulièrement affûté au stage de pré-saison. Photo : Soudal Quick-Step/ Luc Claessen/Getty Images

« Alaphilippe pourrait devenir le caillou dans la chaussure du projet Soudal-Quickstep »

N’oublions pas qu’aujourd’hui, Lefevere, c’est celui qui possède les 3 derniers Champions du Monde dans son équipe. Demain, Julian Alaphilippe pourrait être le caillou dans la chaussure du projet de Patrick Lefevere autour de Remco Evenepoel. En mettant la pression à Alaphilippe en début d’année, soit il réagit et obtient des résultats et potentiellement, Lefevere puis le faire une proposition de prolongation de contrat. Et si Julian gagne des courses cette saison, d’autres équipes voudront se positionner. Lefevere sera alors en mesure de le laisser partir pour ensuite aller chercher des coureurs capables d’emmener Remco Evenepoel vers la victoire au Tour de France. Patrick Lefevere, qui a toujours construit des équipes capables de briller lors des classiques sait qu’il possède avec Remco Evenepoel une pépite capable de lutter pour la victoire sur le Tour de France, chose qu’il n’est jamais encore parvenu à faire jusqu’à présent. Mais je ne m’inquiète absolument pas pour l’avenir de Julian même si il devait être amené à quitter Patrick Lefevere. D’autre part, se séparer de Julian Alaphilippe à l’issue de la saison 2023 ne me semblerait pas être une erreur. Inversement, connaître une nouvelle structure pourrait être bénéfique au coureur. »

« Benoît Cosnefroy est la copie conforme de Julian Alaphilippe »

Il y a deux ans, je disais déjà que selon moi, Benoît Cosnefroy était la copie conforme de Julian Alaphilippe, il possède les mêmes qualités et est à peu près capable de réaliser les mêmes choses à quelques nuances près. Ce sont des coureurs qui excellent dans les efforts lactiques, dans les efforts de 3-4 minutes. Je pense honnêtement que Cosnefroy est capable de devenir Champion du Monde dans les années à venir, en plus il va vite au sprint. Il est capable de remporter une grande classique et je reste persuadé que les classiques flandriennes lui conviennent parfaitement. Cosnefroy a raison de se tester maintenant sur les Flandriennes avec des coureurs comme Greg Van Avermaet Ou Oliver Naesen pour l’y épauler. »

« Van Aert écrit tellement de belles choses que je ne lui mets aucune pression »

Naturellement, Wout Van Aert est un coureur qui est en mesure de gagner
Paris-Roubaix. Et il doit s’y imposer.

« Wout Van Aert n’a pas caché ses ambitions pour 2023, il vise clairement les deux Monuments flandriens que sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix et a axé toute sa préparation en prévision de ces deux courses. En 2022, il est considéré comme favori du Tour des Flandres mais doit déclarer forfait quelques jours auparavant, touché par le Covid. Il parvient malgré tout à venir faire 2ème sur Paris-Roubaix. On est dans une génération où il y a énormément de coureurs de classiques flandriennes qui sont pétris de talent. En comparaison, il y a eu des époques où il y avait beaucoup moins de spécialistes de ce type de course avec une domination un peu plus flagrante. Là, il y a quand même du monde capable de s’imposer, ce qui donne à chaque fois un beau spectacle.« 

Lorsque nous demandons à Cyril Saugrain si il ne devient pas urgent dans le chef de Wout van Aert de remporter l’un des deux Monuments Flandriens, il nous répond :« Je ne vois pas les choses sous cet angle. Naturellement Wout Van Aert est un coureur qui est en mesure de gagner Paris-Roubaix et il doit s’y imposer. Effectivement, les années passent mais il écrit tellement de belles choses à côté que je ne lui mettrais certainement pas la pression. Je pense que l’arrivée de Van Baarle chez Jumbo-Visma représente une carte maîtresse qui peut permettre à Wout van Aert d’aller chercher la victoire sur ses objectifs majeurs. En outre l’arrivée de Dylan Van Baarle devrait permettre à van Aert de se délester d’une partie de la pression qui pèse sur ses épaules.

« Ne pas comparer van Aert à des Peter Van Petegem ou Johan Museeuw ! »

J’entends les comparaisons faites avec des coureurs comme Peter Van Petegem ou Johan Museeuw mais malgré tout il ne faut jamais perdre de vue que contrairement à ces coureurs, Wout van Aert est parmi les meilleurs au monde tant en cyclo-cross que sur les classiques du printemps. Il est capable de jouer les 1ers rôles sur le Tour de France et de briller en fin de saison. A titre de comparaison, prenons l’exemple de Johan Museeuw. On le voyait arriver sur le Nieuwsblad et être performant jusqu’à Paris-Roubaix puis on ne le voyait plus avant les Championnats du Monde. Donc, personnellement, je ne comparerais pas ce type de coureur à Wout van Aert. Je pense enfin que l’ascension fulgurante d’un Remco Evenepoel peut éventuellement enlever de la pression à van Aert, ce qui ne pourrait que lui être bénéfique. Il ne faut pas perdre de vue qu’on peut gagner ces courses-là (Paris-Roubaix et le Tour des Flandres) tard un peu à la manière d’un Philippe Gilbert ces dernières années. »

Wout van Aert a mis fin à l'hégémonie de Mathieu van der Poel à Diegem. Photo : Jumbo-Visma/CorVos
Wout van Aert a mis fin à l’hégémonie de Mathieu van der Poel à Diegem. Photo : Jumbo-Visma/CorVos

« Je ne pense pas que Primoz Roglic sera sur le Tour de France 2023 »

« Je ne pense pas que Primoz Roglic sera présent sur le Tour 2023, je ne suis pas certain qu’il fasse encore office de pièce maîtresse dans le dispositif avec le nouveau schéma tactique mis en place au sein de la formation Jumbo-Visma. Autant avant, il pouvait encore engendrer un peu de crainte, autant sur le Tour 2022, on a pu constater qu’il n’était plus dangereux pour la lutte du classement général. On sait tous qu’on ne reverra probablement plus le Primoz Roglic des meilleurs jours. Jumbo-Visma a tout intérêt à retravailler leur équipe pour faire autrement et apporter du monde aux cotés de Jonas Vingegaard. »

Lorsqu’on évoque un probable duel entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard sur le Tour de France 2023, Cyril Saugrain se montre plus prudent :« On a des jeunes pousses qui ont les dents longues, on l’a vu avec Jay Hindley sur le Giro. Ce sont des coureurs qui vont continuer de progresser. Remco Evenepoel ne sera pas sur le Tour de France 2023 mais on aura l’occasion de voir de quoi il est capable sur le Giro en mai prochain. Attention à des garçons comme Carlos Rodriguez ou Egan Bernal qui semble retrouver de bonnes sensations après son terrible accident. Concernant Jonas Vingegaard, j’ai la sensation que pour qu’il soit au niveau qui était le sien en 2022, ça lui coûte énormément tant au niveau psychologique, que physique par rapport à un Tadej Pogacar qui fait ça davantage au talent. J’ai l’impression que le Danois a vraiment besoin d’une préparation spécifique pour être au top. Pogacar aussi, entendons-nous bien mais son talent fait qu’on le voit déjà très fort en début de saison lors des classiques. Vingegaard sera-t-il en mesure de répéter ce qu’il a fait l’an passé? Je n’en suis pas certain. »

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