Tony Gallopin, retour sur une carrière bien remplie Tony Gallopin a décidé de mettre un terme à sa carrière à 35 ans. Photo : Cor Vos

Tony Gallopin, coureur exemplaire tout au long de sa carrière, a annoncé qu’il raccrocherait le vélo à l’issue de la saison 2023 à 35 ans. Retour sur la carrière de l’un des coureurs qui a marqué le cyclisme français.

Tony Gallopin a annoncé la fin de sa carrière lors du Tour de France 2023. Une décision mûrement réfléchie pour celui qui, à 35 ans, a passé seize années au sein du peloton professionnel. Du haut de ses 12 victoires chez les pros parmi lesquelles des étapes du Tour de France et du Tour d’Espagne, Tony Gallopin s’est forgé un palmarès, petit à petit, avant de transmettre son expérience. Retour sur la carrière du Francilien dont tout laissait présager d’une belle et grande carrière.

Le p’tit gars d’Auber avant de se révéler chez Cofidis

Comment Tony Gallopin aurait-il pu ne pas être cycliste professionnel ? Son père, Joël, et ses frères Guy et Alain sont tous passés par là. Et ce n’est pas très loin de chez lui qu’il a fait ses armes, au sein de l’équipe Auber93. Très vite, il prouve ses capacités en contre-la-montre, mais aussi et surtout, montre qu’il est fait pour les courses d’un jour en remportant Paris-Tours Espoirs, l’une des références, en 2008. L’année 2009 est dans la lignée de la précédente. L’équipe Cofidis décide alors de lui faire confiance.

En 2010, il rejoint l’équipe nordiste et monte d’un cran avec un programme bien plu abouti. Il remporte d’ailleurs sa première victoire sur le Tour du Luxembourg. Gallopin continue de progresser et les places d’honneur s’enchaînent. En 2011, il gagne le classement de la Coupe de France grâce à sa régularité sur les classiques françaises. En 2012, il quitte la France pour s’expatrier au sein de la Radioshack-Nissan-Trek (actuelle Lidl-Trek) et rejoindre Alain Gallopin, son oncle. Il partage de nombreux moments avec des coureurs de renoms tels que Fabian Cancellara ou encore les frères Andy et Frank Schleck.

Tony Gallopin, le passe partout

« Je ne suis pas vraiment un grimpeur mais je me suis accroché toute la journée car je savais que j’avais une petite chance en cas d’arrivée groupée », avait déclaré Tony Gallopin après sa première victoire chez les pros. Et c’est ce qui résume parfaitement le profil du Francilien. Bon partout, excellent nulle part. Il continue ses bonnes prestations sur les courses à étapes avant le jour de gloire. Sur la Clasica San Sebastian, il attaque et ses qualités de rouleur lui permettent de s’imposer en solitaire. En 2014, il remporte sa victoire sur le Tour de France de la même manière en tenant le peloton à distance, d’un rien sur la ligne à Oyonnax.

Pendant ce temps, Tony Gallopin se découvre également sur les classiques flandriennes et ses qualités laissent entrevoir un éventuel résultat sur le Tour des Flandres. Mais c’est en 2015, alors chez Lotto Soudal, qu’il est passé à deux doigts du plus grand succès de sa carrière. Auteur d’un incroyable Paris-Nice, il s’empare du maillot jaune à la veille de l’arrivée finale.

Ses qualités en montagne tant qu’en chrono laissent espérer une belle performance du Français dans le Col d’Eze, où est jugé l’ultime contre-la-montre. Mais Gallopin explose et laisse même filer le podium final… « C’est une terrible désillusion. Je ne cherche pas d’excuses, j’étais dans un mauvais jour. » En 2018, il retourne en France au sein de l’équipe AG2R La Mondiale où son rôle d’équipier de luxe débute.

Le capitaine de route par excellence

En 2018, Tony Gallopin revient en France après six années à l’étranger. Au sein de l’équipe AG2R La Mondiale, l’ambition est claire : épauler Oliver Naesen sur les classiques de printemps et accompagner Romain Bardet sur le Tour de France. Malgré tout, il a l’occasion de jouer sa carte personnelle sur certaines épreuves et remporte l’Etoile de Bessèges ainsi qu’une étape du Tour d’Espagne, sa dernière victoire.

La saison 2019 commence presque aussi bien avec de belles performances dès le Tour de La Provence. La suite est plus compliquée avec plusieurs abandons. En 2020, les aléas de la vie font que Tony Gallopin vit une saison compliquée. Il se fracture le scaphoïde gauche en compétition juste avant le confinement et l’année se termine par une fracture du poignée sur le Giro disputé en octobre cette année-là.

Finalement, Tony Gallopin a décidé de revenir presque aux sources en 2022 en retrouvent la structure Trek. Désormais appelée Lidl-Trek, la formation américaine a recruté le Français dans un rôle de capitaine de route autour notamment de Mads Pedersen et Mattias Skjelmose, entre autres, qu’il épaule sur le Tour de France 2023. C’est un rôle qu’il a d’ailleurs choisi, comme il l’avait expliqué en début de saison : « Le changement mental a été facile parce que c’était quelque chose que j’avais envie de faire. Et je me sentais aussi enclin à le faire ». Tony Gallopin a donc mis un terme, au soir du dimanche 8 octobre, juste après Paris-Tours, avec son fan-club présent pour ses derniers tours de roue.

La carrière de Tony Gallopin en chiffres

  • 16 ans chez les pros
  • 12 victoires (étape du Tour de France, Tour d’Espagne, Clasica San Sebastian, étape de Paris-Nice, Étoile de Bessèges…)
  • 16 Grands Tours disputés : 11x Tour de France, 3x Giro, 2x Vuelta
  • 28 Monuments disputés : 8x Liège-Bastogne-Liège, 7x Milan-Sanremo, 5x Tour des Flandres, 5X Tour de Lombardie, 3x Paris-Roubaix
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