Apparus il y a une dizaine d’années, les capteurs de puissance sont devenus la norme dans le cyclisme professionnel et amateur. Les “watts” sont devenus l’objet de tous les fantasmes et la norme dans la mesure d’un effort sur le vélo. Alors, c’est quoi les watts et quelle puissance développe un coureur cycliste professionnel ?
La puissance en cyclisme, c’est quoi ?
La puissance est exprimée en watts. Cela correspond à la force (exercée sur les pédales) x la vélocité (cadence de pédalage). Autrement dit, plus on tourne vite les jambes avec un gros braquet, plus on développe de puissance. Cette unité de mesure est beaucoup plus fiable que la fréquence cardiaque qui est longtemps restée au cœur de l’entraînement cycliste. D’un jour à l’autre, les zones cardiaques diffèrent selon la météo, la fatigue, la digestion… Alors que les watts restent les watts, peu importe les valeurs externes à la performance pure.
Les watts, cachés par les professionnels…
La puissance est une valeur propre à chaque coureur. D’ailleurs, on parlera plutôt d’un rapport poids/puissance. Un coureur qui développe 250 watts et qui pèse 60 kilos (4,17 w/kg) sera meilleur qu’un autre coureur qui développe 320 watts mais qui pèse 90 kilos (3,56 w/kg). Mais aujourd’hui, seuls certains coureurs montrent aux yeux de tous leurs watts et leurs zones de puissance. Cette donnée est bien souvent “cachée” par les coureurs qui souhaitent garder secret leur puissance. Alors certains diront que cela cache un dopage physique ou technologique, alors que l’explication est toute simple : si les coureurs connaissent les zones de puissance de leurs concurrents, ils n’auront plus qu’à accélérer quand ils arrivent au maximum de leur capacité. Plus de place aux aléas de course !
Quelques exemples de puissance chez les coureurs pros
Certains coureurs partagent leurs données de puissance. Comme un certain Mathieu van der Poel, qui a notamment remporté deux fois le Tour des Flandres et une étape du Tour de France. Lors de sa victoire sur le Ronde en 2022, le petit fils de Raymond Poulidor a fait la course à l’avant avec Tadej Pogacar, double vainqueur du Tour de France. Dans les premiers kilomètres, l’objectif de Mathieu van der Poel est de s’économiser un maximum. Le Néerlandais n’a pas attaqué mais lorsque la course s’est emballée suite à l’attaque de Pogacar dans le Vieux Quaremont, van der Poel a produit un effort de 499 watts pendant 5:05 (à peu près 6,7 w/kg).
- Vieux Quaremont #1 : 499w pendant 5:05
- Paterberg #1 : 679w pendant 1:08
- Koppenberg : 620w pendant 1:42
- Vieux Quaremont #2 : 475w pendant 5:20
- Paterberg #2 : 649w pendant 1:10
Dans le sprint final, Mathieu van der Poel a produit un pic à 1407w. A titre de comparaison, un pur sprinteur comme André Greipel était capable de produire des pics de puissance à 1900w en fin d’étape lors d’un sprint massif. Mais le colosse allemand n’avait pas à mettre un coup de pédale avant l’arrivée finale…