Données sur la puissance, niveaux d’hormones et analyses vidéos, les juges du Tour de France 2025 vont étudier méticuleusement tout « comportement suspect ».
Depuis 2021, l’UCI a confié ses analyses concernant la lutte anti-dopage à l’Agence internationale de contrôle (ITA). L’organisation internationale basée à Lausanne a indiqué avoir doublé ses ressources consacrées au cyclisme l’an dernier en ayant utilisé « des pouvoirs d’investigations accrus » pour mener des enquêtes basées sur des données ce qui a notamment permis de sanctionner Christos Volikákis en juin dernier. À quelques jours du Grand Départ à Lille du 112e Tour de France, l’effort s’accentue.
L’Union cycliste internationale a présenté, ce mercredi 2 juillet, son plan de détection et de dissuasion du dopage et de la fraude technologique lors du Tour de France 2025. Une combinaison des méthodes « basées sur les données » avec ses contrôles antidopages sera organisée pour garantir les meilleures conditions de courses.
Une augmentation des contrôles durant le Tour de France
Pour le Tour de France, l’ITA prévoit d’augmenter considérablement son nombre de contrôles et d’analyses traditionnels d’urine et de sang pour détecter toutes formes de produits dopants. Sur les 3 semaines de compétitions, c’est plus de 600 échantillons qui seront collectés, dont 350 seront prélevés avant le Grand Départ à Lille, le 5 juillet. Certains échantillons seront ensuite conservés pour être réanalysés durant les 10 prochaines années. L’ITA a par exemple réanalysé 490 échantillons datant de 2015 et tous se sont révélés négatifs. Les contrôles incluront automatiquement le porteur du maillot jaune et le vainqueur de l’étape chaque jour avec des tests réalisés à des heures aléatoires avant ou bien après la course.
L’analyse longitudinale (changements dans le temps) est le nouveau fer de lance de l’ITA pour débusquer toutes formes de triche. En élargissant le passeport biologique sanguin pour y inclure les niveaux de stéroïdes et d’hormones, l’Agence compte détecter les marqueurs d’abus de substances difficiles à détecter comme l’hormone de croissance humaine (hGH). À cette analyse sera ajoutées les données de puissance du peloton professionnel masculin pour « guider les tests et les analyses de laboratoire, hiérarchiser les enquêtes et d’affiner le stockage à long terme des échantillons ».
Le dopage technologique également ciblé durant le Tour de France
Les produits dopants ne sont pas la seule cible visée par l’UCI. Ses contrôles ciblés pour la fraude technologique vont augmenter de 17 % par rapport aux 192 contrôles aux rayons X effectués lors du Tour de France 2024. Ses tests sont réalisés avant les étapes à l’aide de tablettes magnétiques. Le Commissaire Vidéo ainsi que des officiels en course chercheront « tout ce qui éveille des soupçons » afin de cibler des contrôles supplémentaires. Un « Programme de récompenses » pour « des informations et des renseignements exploitables sur la fraude technologique » sera maintenu durant la Grande Boucle.
Benjamin Cohen : « Le Tour de France est un moment clé pour la protection de l’intégrité du cyclisme »
« Le Tour de France n’est pas seulement l’un des événements les plus emblématiques du sport, c’est aussi un moment clé pour la protection de l’intégrité du cyclisme, explique Benjamin Cohen, directeur général de l’ITA sur Cycling News. En combinant des contrôles ciblés avec des outils analytiques avancés tels que le module endocrinien, le stockage à long terme des échantillons et des initiatives de suivi des performances, nous visons à garantir que cette course prestigieuse se dispute sur un pied d’égalité. Nous sommes fiers de mener ces efforts au nom de l’UCI et en étroite coordination avec tous nos partenaires de confiance. »