Depuis sa création en 1999, aucun ancien vainqueur du Tour Down Under n’a également remporté au moins l’un des trois Grands Tours dans sa carrière. Chaleur, décalage horaire, parcours répétitif, quelles sont les raisons exactes de ce désamour australien de la part des grands leaders de classements généraux ?
Depuis 2008, le Tour Down Under ouvre le bal du calendrier World Tour. La course est (quasiment) la chasse gardée des coureurs australiens profitant de leur forme précoce, une semaine après le championnat national. Le Tour Down Under arrive très tôt dans la saison, une période où la plupart des coureurs de Grands Tours (Giro, Tour de France et Vuelta) sont encore en phase de préparation. Ces derniers préfèrent généralement débuter leur saison plus tard à la suite de camps d’entraînement effectués durant la « coupure hivernale ».
Le Tour Down Under : un territoire « lointain » pour beaucoup de coureurs
La Grande Terre Brune de l’Australie est située aux antipodes de l’Europe. Chaque année, de nombreux coureurs et équipes optent pour des stages d’entraînement en Espagne afin de se préparer au mieux pour la saison suivante. Une participation au Tour Down Under demande plusieurs adaptations et contraintes aux équipes. Tout d’abord, il y a le décalage horaire auquel un coureur venu tout droit de l’Espagne, par exemple, devra se soumettre, entraînant une possible fatigue non négligeable pour la suite.
Dans une interview accordée à France Inter en janvier 2023, le Français Guillaume Martin s’est exprimé à propos de ces contraintes de voyages lointains. « Si je peux limiter les très longs déplacements, je le fais. C’est clairement rentré dans ma réflexion même si je sais qu’avec mon métier, je suis amené à faire de longs déplacements. » La chaleur joue également un rôle important concernant le choix du programme de courses des coureurs pour le début de saison. Passer de l’hiver européen à l’été océanien n’a jamais été facile pour aucun coureur, ce qui pourrait expliquer la réticence de certains grands noms à participer au Tour Down Under.
Le Tour Down Under : Une affaire d’Australiens ?
Lorsque l’on regarde le palmarès du Tour Down Under de plus près, nous pouvons constater que sur les 24 éditions disputées, 14 ont été remportées par des Australiens. Seuls 4 noms ayant remporté au moins 1 Grand Tour dans leurs carrières se sont hissés sur le podium final de l’épreuve : Alejandro Valverde (2e en 2012), Geraint Thomas (3e en 2013), Simon Yates (2e en 2023) et l’Australien Cadel Evans (2e en 2014 et 3e en 2015). Dans les années 2010, la course australienne était en concurrence avec le Tour de San Juan, en Argentine. Il n’était pas rare de voir au départ plusieurs grimpeurs venir se mesurer les uns aux autres dans les montagnes sud-américaines.
Si l’on repasse en revue les vainqueurs de Grands Tours qui ont déjà participé au moins une fois à la course australienne, ils ne sont pas nombreux. Vincenzo Nibali, Nairo Quintana, Tom Dumoulin et Alberto Contador n’ont jamais fait le voyage. Laurent Jalabert (53e en 1999), Bradley Wiggins (23e en 2005), Egan Bernal (6e en 2018), Primoz Roglic (abandon en 2016) et Tadej Pogacar (13e en 2019) ne se sont rendus en Australie qu’à une seule reprise. Alors à quand un vainqueur du Giro, du Tour de France ou de la Vuelta lauréat du Tour Down Under ?
Rendez-vous sur le média TotalVelo pour suivre toute l’actualité du Tour Down Under 2025, qui se tiendra du 21 au 26 janvier. Geraint Thomas (INEOS Grenadiers), seul ancien vainqueur d’un Grand Tour parmi les coureurs engagés, tentera de conjurer le sort !