Tour de France : Quand Le Lioran devient un territoire belge Greg Van Avermaet a fait l'étape parfaite pour s'imposer à Le Lioran sur le Tour de France 2016. C'est le début d'un été doré pour le Belge. Photo : Cor Vos

Le Lioran s’apprête à accueillir ce mercredi, l’arrivée d’une étape du Tour de France pour la 3e fois de son histoire après deux victoires belges en 1975 et 2016. Alors avant de savoir si les compatriotes de Pollentier et Van Avermaet vont faire la passe de trois, revenons sur leurs victoires.

Ce mercredi 10 juillet, c’est un menu copieux qui attend les coureurs. Cette 11e étape est la plus longue de ce Tour de France 2024 avec 211 kilomètres entre Évaux-les-Bains et Le Lioran. Son profil montagneux devrait sourire aux plus audacieux et aux Belges si on en croit les antécédents. En deux arrivées, les compatriotes d’Eddy Merckx se sont imposés deux fois !

Tour de France 2016 – Greg Van Avermaet : Un été en or

Aujourd’hui Greg Van Avermaet (39 ans) est un coureur à la retraite. Connu pour ses talents de classicman et spécialiste des courses d’un jour, le Belge a notamment remporté la course en ligne des Jeux olympiques de Rio, Paris-Roubaix, Paris-Tours ou encore le Grand Prix cycliste de Montréal. Mais réduire « GVA » à un spécialiste des courses d’un jour serait oublier ses aventures de juillet. Déjà victorieux en 2015 à Rodez, le coureur de la BMC Racing Team, souhaite renouveler l’exploit sur les routes de la Grande Boucle pour sa quatrième participation. Il le dit lui même cette victoire au sprint contre Peter Sagan a été « un déclic ».

En 2016, Greg Van Avermaet arrive en forme sur le Tour de France après ses victoires sur le Het Nieuwsblad et le général de Tirreno-Adriatico (son seul général sur une course par étape). Au départ de la 5e étape, le profil entre Limoges et Le Lioran devrait récompenser des fuyards avec quatre cols et deux côtes. Au bout de 21 kilomètres, 9 coureurs partent en tête. Parmi eux Greg Van Avermaet ou encore son compatriote Thomas De Gendt (Lotto – Soudal) habitué des échappées. Alors que l’écart ne fait que s’accentuer, au kilomètre 85, un trio décide de partir à l’avant composé des deux Belges et d’Andriy Grivko (Astana), premier attaquant de la journée.

À 72 km, les courageux ont plus de 15 minutes d’avance, la victoire leur tend les bras. Mais pas pour Grivko, le coureur d’Astana rend les armes contre le duo belge dans le col de Neronne. De Gendt semble courir pour le maillot à pois. Son compatriote dans une grande journée cherche bien plus. Dans le col du Perthus, Greg Van Avermaet attaque, De Gendt explose. Il reste encore 17 kilomètres à parcourir jusqu’à Le Loubian. Après 192 km d’échappée, le Belge lève les bras et prend le maillot jaune avec 5’11’’ d’avance sur Julian Alaphilippe. Greg Van Avermaet garde le maillot jaune 3 jours.

Il prolonge son été de rêve à Rio en remportant la médaille d’or sur la course en ligne. 2016 était belle et bien l’année Van Avermaet. « GVA » ne gagnera plus sur le Tour de France malgré 5 nouvelles participations. En 2018, il retrouve la tunique jaune au terme un contre-la-montre par équipe. Pendant 8 jours, il lui fera honneur en multipliant les échappées pour conserver un écart et prolonger son bonheur estival.

Tour de France 1975 – Michel Pollentier : l’aventure contrastée

Michel Pollentier (73 ans) n’est pas le coureur belge le plus connu. Pourtant, il a su être un coureur complet capable de gagner sur tous les types de courses : une classique (Tour des Flandres en 1980), deux courses par étapes (Tour de Suisse en 1977 et Dauphiné Libéré en 1978), deux championnats nationaux (1977 et 1978), six étapes de Grand Tours et un Giro d’Italia en 1977. Mais avec la Grande Boucle, Michel Pollentier a vécu une histoire contrastée.

Des débuts de rêve sur le Tour de France

Michel Pollentier participe à 8 Tour de France entre 1973 et 1981. Il réalise son meilleur classement général (7e à 16’34’’de Merckx) dès sa deuxième participation en 74 qu’il accompagne d’une victoire d’étape. Un classement qu’il égalisera en 76 (7e à 14’59’’ de Van Impe) encore une fois avec une étape en poche. Mais la victoire qui nous intéresse se trouve entre ces deux résultats. Remontons en 1975, Michel Pollentier est un coureur de Flandria-Carpenter qui s’élance pour son troisième Tour.

Michel Pollentier réalise une bonne saison. Vainqueur d’étape sur le Dauphiné Libéré et le Tour de Belgique, il termine même second du général en Belgique. Dès le départ de la Grande Boucle, il collectionne les tops 10 (3 sur les 3 premières étapes) mais c’est sur la 13e étape qu’il va briller. 260 km séparent Albi de Super Lioran. Sur ce parcours montagneux, le Belge est à son aise et c’est aussi le cas pour ses compatriotes. Pollentier gagne avec 25 secondes d’avance sur Merckx et Van Impe, Le Lioran est définitivement un territoire belge.

Une fin cauchemardesque avec le Tour de France

Après 1976, les quatre derniers Tour de France du coureur belge se terminent tous dans la douleur. En 78, il est éliminé à la 16e étape et entre tristement dans l’histoire du Tour. Il devient le premier maillot jaune pris en flagrant délits de fraude lors du contrôle antidopage. A partir de là, comme une malédiction, Michel Pollentier ne termine plus aucune Grande Boucle (non partant en 79 et 80). Il abandonne même dès la seconde étape en 81. Il quitte finalement le peloton professionnel sur une 6e place de la Vuelta 1984.

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