Évincé de l’équipe Kern Pharma après une vidéo d’entraînement virale jugée irresponsable, Kiko Galván s’exprime avec franchise sur sa chute, sa honte et son avenir dans le cyclisme.
L’histoire a fait le tour des réseaux sociaux avant de provoquer une onde de choc dans le peloton professionnel. Francisco “Kiko” Galván, coureur espagnol de 28 ans, a perdu sa place au sein de l’équipe Equipo Kern Pharma après la diffusion d’une vidéo virale montrant une manœuvre d’entraînement jugée dangereuse. Pour la première fois depuis son éviction, le coureur a pris la parole, livrant un témoignage aussi lucide que poignant.
スペイン人サイクリストのフランシスコ・キコ・ガルバン、道路での危険走行するこの動画を10月にSNSで共有・拡散され、所属してたプロチームKern Pharmaがガルバンとの契約を解除。そして12/24に引退を表明。
— てんげるまん🌀tengelmam (@fcbliebe1900) December 27, 2025
「こんなに多くの人に見られるとは思わなかった。」
自業自得。pic.twitter.com/cxmG1ocM4K
Une vidéo de trop lors d’un entraînement en Catalogne
Tout part d’une séquence diffusée sur Instagram, où l’on voit Galván enchaîner des bunny hops au-dessus du terre-plein central d’une route ouverte à la circulation, en Catalogne. Un exercice spectaculaire, dans la lignée de ce qui avait forgé sa notoriété sur les réseaux, mais qui a cette fois franchi une ligne rouge.
Rapidement, la vidéo suscite de vives critiques, aussi bien parmi les fans que dans le milieu professionnel. Face à l’ampleur de la polémique, Equipo Kern Pharma annonce en octobre l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Un mois plus tard, lors de la communication officielle sur les départs de l’effectif, le nom de Kiko Galván figure bien sur la liste.
Une sanction aux conséquences immédiates
Présent dans l’équipe depuis sa création en tant que structure continentale en 2020, Galván était devenu un élément régulier de l’effectif, disputant notamment une Vuelta a España et signant deux deuxièmes places au Grand Prix La Marseillaise. Son éviction marque un tournant brutal.
Dans un long message publié sur Instagram, le coureur explique avoir pris la mesure de la situation après coup. « Je n’ai jamais pensé que autant de gens regardaient le cyclisme. Je croyais que nous n’étions que quelques fous », écrit-il.
La sanction ne s’est pas limitée au sportif. Galván confie avoir dû vendre sa voiture après avoir été remercié par l’équipe, symbole d’un quotidien bouleversé du jour au lendemain. « Je suis sorti de la concession et je suis rentré chez moi à pied. C’est là que j’ai compris à quelle vitesse tout peut changer. »
“J’ai fait une erreur, et elle a des conséquences”
Sans chercher à minimiser les faits, Kiko Galván assume pleinement sa responsabilité. Le coureur insiste sur un point : il ne demande ni compassion ni indulgence. « Je n’écris pas pour susciter de la pitié ou pour me justifier. J’ai fait une erreur. Une erreur a des conséquences, et je les assume. »
Il adresse également des excuses claires à toutes les personnes potentiellement affectées par son comportement, reconnaissant que ces images véhiculaient un message incompatible avec les responsabilités d’un coureur professionnel.
La honte plus que la fin du cyclisme
Si quitter le peloton ne semble pas être la blessure la plus profonde, Galván évoque une honte intime, bien plus difficile à encaisser. « Quitter le cyclisme ne fait pas mal. J’ai vécu le vélo comme je le voulais, à fond. Ce qui fait mal, c’est d’avoir déçu les miens. »
Le coureur confie se sentir particulièrement affecté d’avoir déçu ses parents, sa famille et sa compagne, cette dernière ayant été, selon ses mots, son principal soutien lorsque tout s’est effondré.
Ayer Kiko Galván, despedido del equipo Kern Pharma a raíz de un vídeo en el que se le veía haciendo el cafre en carretera abierta al tráfico, publicó esta sincera y conmovedora reflexión. ¿Creéis que merecería una nueva oportunidad en otro equipo? pic.twitter.com/yoTDBVZHKu
— ¿A cuánto está Movistar… (@ADescenso) December 24, 2025
Une pause, pas un adieu
Aujourd’hui, Galván ne parle pas de retraite définitive. Il évoque plutôt une pause forcée, un temps pour respirer et réfléchir. « Je ne dis pas adieu. Je fais une pause. La vie ne te laisse pas toujours choisir le chemin, mais elle te laisse choisir comment tu le parcours. »
Un détail symbolique conclut son témoignage : « Depuis, je m’entraîne habillé en noir. Pas par esthétique, mais parce que c’est ce que je ressens. Et malgré tout, les gens me reconnaissent. Je souris, mais intérieurement j’ai honte. »
