Dans un entretien paru sur le site officiel de l’équipe Groupama-FDJ, Rudy Molard est revenu sur l’enfer qu’il a vécu durant plusieurs semaines, suite à la commotion cérébrale dont il a été victime sur le Tour Down Under.
Rudy Molard (34 ans) sera au départ du Tour de Romandie 2024 qui débute ce mardi 24 avril. Trois mois après avoir été victime d’une commotion cérébrale faisant suite à une chute survenue lors du Tour Down Under, le coureur tricolore voit enfin le bout du tunnel. C’est sur le site officiel de l’équipe Groupama-FDJ que Rudy Molard est revenu les causes, les conséquences et les semaines « infernales » qui ont suivi ce terrible accident.
Rudy Molard : « J’ai pu me reconstruire »
« Je sors enfin la tête de l’eau, je peux envisager l’avenir avec plus d’optimisme. Physiquement, j’ai encore du travail pour revenir au top de ma forme, ayant passé un mois et demi sans rien faire. Il a fallu opérer une reprise progressive et gérer la tête, ce qui est différent d’une fracture. J’avais le feu vert, mais il était parfois clignotant, donc il fallait beaucoup s’écouter. Je pense qu’on a très bien géré avec le staff de l’équipe. Petit à petit, j’ai pu me reconstruire. Je pense que je suis sur la bonne voie. »
Rudy Molard : « Je ne savais pas où j’étais »
« Quand je me suis réveillé à l’hôpital, je ne savais pas où j’étais. J’ai vu que j’étais en tenue de vélo et je me suis souvenu que j’étais en Australie. Je n’ai jamais craint le pire durant ma carrière, mais là, j’ai eu peur. J’ai rapidement voulu comprendre ce qu’il s’était passé. Quand on a une amnésie de près d’une heure, on a envie de savoir. C’est étrange de ne pas se rappeler d’un moment de sa journée. Je me suis dit que ça allait peut-être me revenir en regardant les photos, mais non, rien n’y faisait. À l’hôpital, on m’a dit que si je ne m’en rappelais pas les heures suivantes, je ne m’en rappellerais jamais. »
Rudy Molard : « L’impression d’être bourré tout le temps »
Selon Rudy Molard, la commotion cérébrale est sous-estimée dans le peloton car invisible, elle est également plutôt méconnue. « Pour moi, quand quelqu’un tombait et souffrait d’une commotion, il était un peu patraque mais tout était de retour dans l’ordre quelques jours plus tard ». Le quotidien du coureur était parfois un véritable enfer. « J’avais l’impression d’être bourré tout le temps. J’avais la tête qui tournait, des vertiges, des pertes d’équilibre, la nausée. Dès que je me levais et que je marchais un peu, il fallait que je me tienne à la table car j’avais du mal à tenir debout. Dès que je fermais les yeux, je tombais. Je me suis dit que c’était plus grave que prévu. »
Rudy Molard : « Les comportements dangereux doivent être sanctionnés »
Rudy Molard n’hésite pas à pointer du doigt la responsabilité des coureurs dans les nombreuses chutes survenues ces dernières semaines. « Les organisateurs essaient de faire des efforts mais les principaux responsables restent les coureurs et leur vigilance. Maintenant, qu’est-ce qui pousse les coureurs à prendre autant de risques ? Il y a beaucoup de paramètres : le matériel va plus vite, les oreillettes et la pression pour courir en équipe et pour se placer, les mecs qui parlent dans la radio à 50km/h en lâchant une main, les gars qui se retournent dans le final et font des vagues. Il y a plein de comportements dangereux qui doivent être sanctionnés. »

