Philippe Gilbert a décidé de mettre un terme à sa carrière à l’issue de la saison 2022. Alors que les coureurs préparent la saison prochaine, le Belge sent un grand manque.
Philippe Gilbert (40 ans) a roulé pendant plus de 20 ans au haut niveau. Alors forcément, lorsque cela fait partie de sa vie depuis tant de temps, il est difficile de trouver une nouvelle motivation. « Le cyclisme a été ma vie. Ça fait deux bons mois que j’ai raccroché et ça me manque déjà. Je me rends compte que j’ai consacré une grande partie de ma vie au vélo. Et la voie qui s’ouvre aujourd’hui sera différente, mais jamais je ne pourrais me détacher du vélo. Je lis encore la presse spécialisée. Je me tiens au courant de tout ce qui se passe », a-t-il dit auprès de L’Equipe.
« Je ne voulais pas avoir une carrière classique, être enfermé dans un registre et ne plus en sortir, a poursuivi Philippe Gilbert, qui s’est notamment imposé sur Liège-Bastogne-Liège comme sur Paris-Roubaix. Aujourd’hui, je peux être fier de ce parcours, car j’ai touché à tout sauf au classement général des grands Tours. J’estime que je n’ai pas assez de qualité pour y faire un résultat probant. Je pense que si j’avais vraiment sacrifié tout, j’aurais pu faire au mieux une place entre 8 et 15. »
Philippe Gilbert égratigne la jeune génération et certains coureurs
Avec tout de même 80 victoires au compteur, Gilbert ne s’estime pas comme un coureur ayant beaucoup gagné et en a profité pour tacler les sprinteurs. « Quand on regarde la liste de mes succès, elle est plutôt pas mal au niveau de la qualité. J’ai côtoyé André Greipel chez Lotto. Lui, il allait chercher toutes les petites victoires faciles sur toutes les petites courses. Du coup, quand tu fais ça, tu augmentes vachement tes chances de victoire. Moi, je ne voulais pas de ça, je préférais m’entraîner, faire des reconnaissances et arriver bien sur les grandes courses, pour essayer de les gagner. »
Philippe Gilbert a également taclé la jeune génération. Selon lui, elle ne s’intéresse pas assez à l’histoire de son sport. « Récemment, un jeune coureur m’a dit qu’il ne savait pas qui était Johan Museeuw. Là, ce n’est pourtant pas la préhistoire. Ça m’a choqué : comment est-ce même possible d’oser le dire ? », a-t-il raconter. Avant d’ajouter : « J’ai parfois l’impression, à entendre Tadej Pogacar ou Jonas Vingegaard, qu’ils ne comprennent pas les questions qu’on leur pose sur leur sport. S’exprimer ou revendiquer demande une connaissance de son sport, mais beaucoup ne l’ont malheureusement pas. À force, ce qui comptera le plus, ce sera le nombre de followers d’un coureur sur les réseaux sociaux et moins son palmarès ».
