
Chez TotalVelo, on est toujours heureux de donner la parole à Maël Guégan (CIC-U-Nantes) ! Déjà parce que c’est un coureur doté d’un sacré tempérament, mais aussi parce qu’il a toujours des avis réfléchis, tranchés et 100% sans langue de bois.
Auteur d’un début de saison prometteur, à l’image de ses longs raids lors de la 2e étape de l’Etoile de Bessèges 2025 (06/02) et de la Classic Var 2025 (21/02) mais surtout auteur d’une magnifique 7e place lors du Cholet Agglo Tour 2025 (23/03), Maël Guégan (27 ans) s’est récemment confié auprès de TotalVelo. Le natif de Saint-Nazaire, qui entre dans sa dernière année de contrat auprès du CIC-U-Nantes, nous a donné son avis à propos de ce qu’on appelle les gains marginaux, avant de revenir sur le phénomène sans cesse croissant des chutes au sein du peloton.
Maël Guégan : « J’apprécie ce rôle qui est de guider les plus jeunes »
« Avec le CIC-U-Nantes, nous avons connu un gros turn-over dans l’équipe mais également dans le staff. Mais c’est positif, ça a fait du bien à l’équipe et ça a redonné un second souffle. On a un groupe très jeune mais avec des gens qui ont vraiment envie d’apprendre et qui sont attentifs. En tant qu’ancien d’équipe, c’est valorisant lorsqu’on vient me demander l’un ou l’autre conseil. Ca fait plaisir d’être le papa de l’équipe, j’apprécie ce rôle qui est de guider les plus jeunes. Puis des départs de l’équipe comme ceux de Clément Braz Afonso chez Groupama-FDJ ou Pierre-Henry Basset chez XDS Astana donnent de la crédibilité au travail réalisé par le CIC-U-Nantes et par Anthony Ravard. »
Maël Guégan à propos des gains marginaux : « Tous ces détails mis bout à bout font de grandes différences »
« En tant qu’équipe Conti, nous ne disposons pas des mêmes budgets que les WorldTeams. Nous n’avons pas accès à tous ces gains marginaux, que ce soit en terme de matériel, de textile ou de stages. C’est là aussi que se fait la différence. Lorsque je vois Clément chez Groupama-FDJ, il a franchi un palier supplémentaire. Il bénéficie de l’assistance permanente d’un nutritionniste, des stages plus longs dans des régions où la météo est plus clémente, un calendrier de courses plus réfléchi avec un niveau plus élevé qui aident à progresser. A Nantes, nous n’avons pas de nutritionniste attitré, parce que ça coûte trop cher. Ce sont tous ces détails qui mis bout à bout font de grandes différences. »

Maël Guégan : « A bloc dans l’effort, 5 watts c’est énorme ! »
« On entend souvent parler des gains marginaux à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Bien souvent, le sujet n’est pas maîtrisé. Ironiser sur une paire de chaussettes aéro qui ne fait gagner que 5 watts, alors que pour nous en course et à bloc dans l’effort, 5 watts c’est énorme ! A Nantes, on dispose déjà d’énormes moyens, mais le budget est 20 à 30 fois moins élevé que chez certaines équipes avec qui ont court. Sans faire la moindre offense à mon équipe actuelle qui met à notre disposition de la très haute performance, j’espère toujours pouvoir obtenir un contrat dans une plus grande équipe, pour voir jusqu’où je suis capable de progresser. »
Maël Guégan à propos des chutes : « Je ne comprends pas l’inaction des instances »
« Je me sens en sécurité lorsque je suis en course, par rapport à tout ce qui est mis en place autour de nous. Ce sont surtout les coureurs qui ont tendance à vouloir prendre de plus en plus de risques. J’ai l’impression qu’on attend qu’il y ait un mort sur le bord de la route pour agir. L’an passé, le début de saison a été marqué par de nombreuses chutes, les médias en ont parlé et au final, pas une seule mesure n’a été prise. Tous les ans, on va plus vite, les vitesses atteintes lors des sprints sont folles ! Je ne comprends pas l’inaction des instances alors qu’il y aurait pas mal de choses à mettre en place.
Maël Guégan : « Mettre en place une règlementation avec un braquet maximum »
« A l’instar des gains marginaux, ce sont pleins de mesures qui, assemblées les unes aux autres, feront que les chutes diminueront. A mon sens, la première cause de toutes ces chutes, c’est la vitesse. Il n’y a probablement pas plus de chutes qu’auparavant, mais on va tellement plus vites que les chutes impactent beaucoup plus de coureurs et sont également plus graves. Au niveau des braquets, on est carrément sur une autre planète aujourd’hui ! Il faut mettre en place une règlementation avec un braquet maximum, ça réduira déjà considérablement la vitesse. Et les oreillettes n’ont plus rien à faire dans un peloton, ça enlèverait énormément de nervosité dans le peloton. »
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— Maël Guégan (@mael_guegan) March 31, 2025
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