L’animation est permanente dans l’univers du vélo professionnel. Il y a bien sûr les résultats cyclisme et les exploits des meilleurs de la planète sur les courses World Tour mais également, les à-côtés. Et dans un sport où le matériel a une importance prépondérante et où la recherche des fameux gains marginaux est devenue coutume, chaque saison a son lot de discussions et de débats autour d’innovations apportées au sein des équipes.
Dernier exemple en date avec le casque atypique de la Visma-Lease a Bike qui a poussé l’UCI à revoir son règlement sur le sujet et dans le même temps, à interdire la cagoule portée pendant les contre-la-montre par les cyclistes de la Soudal Quick-Step. Une interdiction qui n’a, fidèle à son habitude, pas manqué de faire réagir Remco Evenepoel. Que le Belge se rassure néanmoins, ce n’est pas la première fois que l’UCI fait marche arrière ou s’intéresse de très près à une nouveauté matérielle…
La Sky : pionnière sans cesse passée au crible
Tous les spécialistes s’accordent pour le dire et aujourd’hui, difficile de le dénier : la Team Sky a eu un effet plus que précurseur dans l’hyper-professionnalisation au sein du peloton de nos jours. Révolutionnaire à bien des égards, l’équipe britannique possède à son palmarès de nombreuses innovations mécaniques et matérielles qui n’ont jamais cessé de faire parler. L’un des exemples les plus parlants est peut-être celui lié au velcro apparu lors du contre-la-montre inaugural du Tour de France 2017.
Christopher Froome, futur vainqueur de l’épreuve et tenant du titre alors, ainsi que quelques-uns de ses coéquipiers, profitaient de l’intégration de billes de Vortex dans les manches des combinaisons pour un gain d’aérodynamisme et de puissance indéniable selon le très respecté Frédéric Grappe. Il aura fallu néanmoins attendre le début de la saison 2019 pour que l’Union Cycliste Internationale ne finisse par interdire toute forme de combinaison ou de maillot en relief. Un laps de temps bien plus long que celui connu par les coéquipiers de Jonas Vingegaard.
La guerre des cocottes
Un combat inutile ? Au fil des ans et de ses diverses interdictions ou modifications de règlement, l’UCI a parfois donné l’impression que les décisions prises n’étaient pas les plus importantes du moment. La position des cocottes en faisait-elle partie ? De nombreux protagonistes du peloton World Tour ont tendance à le penser.
Toutefois, difficile de donner tort à la juridiction internationale tant cette pratique avait été extrapolée ces dernières années. 2024 a donc marqué le retour de cocottes droites avec un cahier des charges bien précis et la création comme toujours, d’un outil de contrôle pour les commissaires. Comme fréquemment, l’aérodynamisme était le principal but recherché par un décalage des cocottes avec des coudes plus rapprochés de la potence et de ce fait, moins perturbants au niveau du flux d’air.
Indirectement, ce contrôle de la position du coureur sur son cintre suit une véritable logique, quelques années après l’interdiction de la fameuse position Mohoric en descente mais surtout, de la position dite “aéro” avec les avant-bras posés sur la partie horizontale du cintre du vélo de route.
Jusqu’au moindre détail
L’image peut faire sourire ! Depuis 2019, l’UCI a affiné le point de contrôle de la taille des… chaussettes ! Un combat inutile ? Pas vraiment lorsque l’on sait à quel point les matériaux utilisés permettent une meilleure pénétration dans l’air et ainsi, moins de frottements. De plus, des chaussettes hautes pouvaient avoir un effet de compression bénéfique pour le coureur.
Les bas de contention ont toujours été proscrits en course cycliste, au contraire du triathlon. Cependant, les dérives et les limites souvent atteintes, voire dépassées, ont comme systématiquement poussé l’UCI à sauter le pas et légiférer sur le sujet. Une fois de plus, cette nouvelle règle ne s’apparentait pas à une évidence ou surtout, une urgence au goût de certains protagonistes mais force est de constater qu’elle offrait de nouveaux gains marginaux.
Il est important de garder une chose en tête dans le milieu professionnel : lorsqu’une équipe apporte une innovation, c’est bel et bien qu’elle est persuadée de ses effets bénéfiques face au chronomètre.