Cindy Pomares, sociétaire de l’équipe britannique AWOL O’Shea se livre sans détour dans sa chronique sur le cyclisme féminin. Elle revient sur son expérience personnelle, au départ de la manche World Tour française bretonne « la Classique Lorient » avec les meilleures équipes mondiales.
Bienvenue dans ma chronique spécialisée sur le cyclisme féminin. Si vous êtes prêts, alors ouvrez vos barres, on part décrypter mon Avant / Après course.
Petit retour en arrière, sur la Classique Lorient Ladies ou Bretagne Classique ou Grand Prix de Plouay. Peu importe son appellation, les invitations VIP sont très prisées pour cette course d’un jour, de renommée mondiale, dans le calendrier français. Un retour en arrière sur la semaine précédant cette manche internationale. Une semaine digne d’une véritable montagne russe émotionnellement parlant pour moi. Mon cœur battait lentement, mes muscles semblaient fatigués des dernières courses belges, et une séance test avait tourné au désastre.
L’option « Ready to fight »
Après un appel « resserrage de bretelles » du coach, j’ai décidé de ne pas me laisser abattre. Comme le disait un certain Clint : « Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent ».
Optant dans un premier temps pour la seconde option, en ajoutant d’ailleurs un coup de pelle à cette semaine avec un voyage express aller / retour Paris en 20H top chrono, pimenté lui-même par un bagage oublié. (Les aléas de la SNCF et donc des transferts pour le sportif, soit dit en passant). Alors pourquoi un voyage vers Paris au mois d’août ? Non pas pour une visite de la capitale. Ni même pour négocier mon bail de 1800e.
Simplement, pour une journée de pré-rentrée enseignante : journée qui se résume à une réunion plénière et un café. Mais, celle-ci m’aura permis de basculer sur la 1ere option ; celle du pistolet chargé comme vu précédemment. Attention, aucune allusion aux élèves, qui d’ailleurs ne sont pas présents sur cette journée de préparation.
Non j’ai basculé dans l’option « Ready to fight » suite au mot de clôture de ma nouvelle Chef d’établissement, ou plutôt à la citation de clôture, d’un certain Pierre de Coubertin : « Viser loin, Parler franc et Agir ferme ».
Le couteau entre les dents pour la Classique Lorient Agglomération
Alors convaincue de ma forme après deux mois estivaux studieux, mon objectif était clair : récupérer mes muscles, rester mobilisée et surtout, garder ma confiance en moi. Alors, pour cette veille de World Tour ; on draine le corps, on active le mental et on aiguise les dents en scrutant la feuille de route dans le train. Au programme des festivités, une classique d’un jour en terre Bretonne, au pays du mal plat, pour 162km de parcours vallonné avec un dénivelé de 2200m.
Il y a des moments où il est bon de se recentrer sur soi-même pour mieux s’écouter et s’appréhender et d’autres où il faut simplement s’appuyer sur son cœur (qui bat faible car il est en forme…) et profiter de vivre l’excitation d’une World Tour pour une cycliste dans une petite équipe Continentale. Voilà l’option cochée vendredi soir, avant d’éteindre les lumières de ma chambre d’hôtel de Lanester.
Le bilan de la classique de Plouay
Passons directement à mon après course, le résultat personnel brut n’est pas très élogieux mais il mérite tout de même une petite écriture, aussi épique soit elle. Le mérite d’écrire et d’interpréter les faits me serviront par la même occasion de support de débriefing, pour mettre des mots dans mon petit carnet PM, et repartir de plus belle. Une organisation : gain de temps, digne d’une cycliste reprenant le chemin du collège, 15H après ce GP de Plouay H&F, pour effectuer la rentrée des classes de ses chers 4e.
Alors après quelques jours de recul et surtout après avoir visionné les images (avec une belle rediffusion France 3) et notamment cette fameuse bosse du km 82 : Un moment OFF au mauvais moment.
Frustrée car les jambes étaient en forme ce jour-là, mais un mauvais placement, un coup de frein, un passage bas-côté ajouté à une petite faiblesse punchy ont ruiné mes chances dès l’entame de cette montée redoutable « Fucking Mother Deep Climb », comme l’a annoncé mon oreillette quelques instants avant de taper la tête dans ce fameux mur… Malgré une chasse et un grupetto assez coloré et auréolé des beaux maillots des différentes équipes World Tour présentes au départ. Le groupe sera finalement arrêté à l’entrée du circuit au kilomètre 135.
Un débriefing résumé en 5 lignes, aussi rapide que mon sentiment d’avoir décroché du train en une fraction de seconde, et cette déception de n’avoir pas pu tout donner ou montrer une fois assise dans le wagon Bar avec les jambes et la tête au frais, pour admirer l’arrivée des championnes.
Un weekend bien rempli en Hauts-de-France
Alors, tu ranges ton pistolet (en veillant à garder la recharge) et tu ouvres ton calendrier de courses pour apercevoir que de nouvelles manches UCI s’enchainent et qu’il va falloir faire fructifier cette fameuse forme. Car, je suis de ceux qui puisent dans le positif pour continuer à avancer. La Classique World Tour de Plouay n’a peut-être pas été le succès que j’espérais personnellement, mais une sacrée belle aventure à vivre avec la Team AWOL. Une étape sur le chemin de la réussite permettant de tirer de nombreux apprentissages et de se confronter au niveau WorldTour pour cocher des cases sur les progrès et pointer les axes d’amélioration. C’est le propre du sportif et encore plus du cyclisme, où chaque course internationale est une opportunité d’apprentissage et de croissance, quel que soit le classement.
La saison se poursuit bien plus au Nord, pour retrouver une autre belle région qui connait le vélo et participe pleinement au développement du cyclisme féminin. Direction « A travers les Hauts de France » et le célèbre « Grand Prix de Fourmies » pour un weekend ensoleillé !

