Arrivé au sein de l’équipe développement de la Soudal Quick-Step cet hiver, Gabriel Berg effectue sa première saison chez les espoirs. Un exercice que le coureur de 18 ans réalise aux côtés des professionnels sur certaines courses du calendrier.
Gabriel Berg (18 ans) évolue au sein de la structure Soudal Quick-Step, qu’il a rejoint à l’hiver 2022. Issu du club d’Argenteuil Val de Seine Cyclisme 95, le Français a choisi de faire le saut dans le grand bain en rejoignant l’équipe continentale Soudal-Quick-Step Devo Team. En parallèle de sa carrière cycliste, il mène des études à Sciences Po où il espère obtenir le Certificat Sportif de Haut Niveau de l’école. Gabriel Berg a accordé une interview à TotalVelo, dans laquelle il revient sur sa première partie de saison, ses objectifs futurs mais aussi son rapport au cyclisme.
TotalVelo : Comment se passent tes débuts au sein de l’équipe de développement de Soudal Quick-Step ? Est-ce à quoi tu t’attendais ?
Gabriel Berg : Cela se passe super bien. Il y a un gros changement par rapport aux années juniors, mais je me suis bien adapté. On s’entraine plus, on est porté par le groupe et on progresse énormément.
Es-tu satisfait de ton début de saison ? Tu ne passes pas loin de la victoire sur le Tour du Loir et Cher (4e) et la course des championnats de France (8e)…
Je suis satisfait, même s’il y a toujours des points à améliorer. J’ai énormément appris au début de saison, après chaque course. Parfois tu te dis « ah merde j’aurais pu faire ça, j’aurais pu mieux faire », mais globalement j’ai déjà pas mal progressé. J’ai réussi à jouer la victoire sur quelques courses, c’est pas mal et encourageant pour la deuxième partie de saison et les années à venir.
Tu parles de « points à améliorer ». Justement comment tu te définirais en tant que coureur aujourd’hui Sur quel type de course est-tu le plus à l’aise ?
J’aime bien les courses classiques, types flandriens. J’ai été au départ de pas mal de ces courses cette année. J’ai découvert que j’aimais bien ça, que j’étais confortable sur ce genre de course. Concernant les axes de progression, il y a toujours des points à améliorer partout. Je suis toujours en recherche de progression. Par exemple, je n’ai pas fait beaucoup de courses avec de la vraie montagne cette année, c’est un point à améliorer. Peut-être le chrono aussi, c’est un exercice que j’aime bien, mais ça fait quasiment deux ans que je ne l’ai pas vraiment travaillé.
Tu fais 18ème du contre-la-montre des championnats de France espoirs à Altkirch en mai dernier, c’est quand même pas mal…
Oui c’était pas mal, surtout qu’on a vraiment très peu de contre-la-montre au programme (aucun hormis celui des championnats de France, ndlr). Je l’avais préparé seulement deux semaines avant l’épreuve, le temps de s’habituer au vélo. Ce n’est pas vraiment une préparation, peut-être il faudrait plus le travailler, mais c’est un travail très spécifique.
Gabriel Berg : « Je ne me fixe pas trop de limites. J’ai encore pleins de choses à découvrir »
Est-ce que tu te fixe des objectifs cette année en terme de performance ?
Je vis ma progression au jour le jour, car je suis dans un âge (18 ans, ndlr) où je progresse tous les ans, surtout à chaque course. Je n’ai pas forcément d’objectifs précis à l’année. Je ne me fixe pas trop de limites. J’ai encore pleins de choses à découvrir, peut-être que dans cinq ans je me rendrais compte que je ne suis pas du tout un coureur de classiques. J’aime le fait d’aller sur tous les terrains et voir où je me sens le mieux, même si je sais que je ne deviendrais jamais un pur grimpeur, ça c’est sûr (sourire). Je veux tout faire pour découvrir ce qui me convient le mieux.
Justement, quel est ton programme sur la deuxième partie de saison qui débute bientôt ?
Je serais sur le Grand Prix de Pérenchies (1.2) le 21 juillet, puisque je vais reprendre les courses mi-juillet. J’ai fait une petite période de coupure début juin puis j’ai aussi été malade pendant quelques jours. J’ai cinq semaines pour vraiment bien me réentraîner et arriver serein pour la reprise et la deuxième partie de saison. Je ne connais pas encore tout mon programme, mais ensuite, je sais que Paris-Tours (espoirs, ndlr) est le dernier gros objectif de saison. C’est en octobre, on n’y est pas encore.
Gabriel Berg : « Mon objectif est d’aller dans l’équipe en World Tour. Je pense que tout le monde a le niveau, il faut réussir à se démarquer «
Est-il prévu que l’on te voit évoluer avec l’équipe principale cette saison ?
Je ne sais pas. Peut-être. Avec mon entraineur, on avait parlé de cette possibilité d’aller faire une course avec la World Team. Je sais qu’ils essaient souvent de faire monter quelques coureurs de la « devo » (l’équipe de développement Soudal Quick-Step, ndlr). J’espère le faire cette saison mais je ne sais pas si cela va arriver.
C’est l’objectif à long terme ?
Oui j’ai signé deux ans avec l’équipe de développement. Mon objectif est d’aller dans l’équipe A, mais il n’y a pas beaucoup de places. Je pense que tout le monde a le niveau, il faut donc réussir à se démarquer.
Est-ce que tu peux partager des moments avec certains membres de l’équipe principale et notamment les Français ?
Sur le Circuit des onze villes (1.1), il y a deux coureurs de l’équipe professionnelle qui sont venus courir avec nous : Warre Vangheluwe et Ayco Bastiaens. Sur un stage en février, il y avait Pieter Serry (35 ans) avec nous. Il est plein d’expérience, très abordable. Autrement, j’ai déjà croisé Yves Lampaert, Patrick Lefevere aussi. Quand tu arrives au milieu de tout ça, c’est assez fou. Je me dis qu’il y a quelques mois je les regardais à la télé et maintenant ils sont en face de moi. Mais ils sont tous très sympathiques.
Tu vis à Paris, dois te rendre au centre de l’équipe en Belgique, mais également suivre tes études à Sciences Po. Comment tu t’organises entre les études et les courses ? Le programme doit être chargé.
Mes études à Sciences Po sont en distancielles, c’est donc assez flexible et cela me permet de combiner études et vélo. De plus, la formation que je suis peut s’étaler sur plusieurs années, je peux aller à mon rythme. Ce n’est pas facile parce que je veux privilégier le vélo, mais il ne faut pas oublier l’importance du reste. Une carrière de vélo c’est court, elle peut s’arrêter à tout moment.
« Je ne regardais pas le Tour de France quand j’étais jeune. Je ne comprenais rien »
En plus du vélo, est-ce que tu as une autre passion dans la vie ?
J’aime beaucoup l’histoire, l’histoire de France notamment, c’est vraiment quelque chose qui me passionne depuis tout petit. Par exemple, je sais que quand je suis sur YouTube, soit on me propose des vidéos de vélo, soit sur l’histoire, voire des sujets scientifiques. Le vélo est une grosse partie de ma vie, mais j’arrive à différencier ma vie professionnelle et celle personnelle.
Justement, au sujet de ta passion pour le vélo : où est ce que tu te situes en tant que fan ?
J’adore regarder les courses, suivre les résultats. Je suis clairement un fan, un passionné, mais récent. Je connais bien l’histoire récente du vélo, mais avant 2010 je ne connais quasiment rien ! Je dirais que j’ai vraiment commencé à suivre le cyclisme en 2017.
Tu ne regardais pas le Tour de France quand tu étais plus jeune…
Même pas ! Je ne regardais pas le Tour. J’ai des souvenirs l’été chez mes grands-parents où mon grand-père regardait le Tour de France, mais je ne comprenais rien.
As-tu une idole dans le peloton actuel, un coureur qui t’inspire ?
Comme beaucoup, j’adore Julian Alaphilippe mais aussi Tadej Pogacar. Ce sont mes deux préférés. Pogacar veut vraiment gagner partout et il a du panache, j’adore ça, même si sur le dernier Giro il gagnait tellement qu’à la fin c’était un peu ennuyeux (sourire) ! Je sais aussi que quand j’ai commencé le vélo, j’aimais beaucoup Alexis Vuillermoz.
Alors, t’as un prono pour le prochain Tour de France ?
Je pense que Pogacar va gagner. L’an dernier, j’ai kiffé le Tour, c’était incroyable car il y avait une sacrée concurrence. Mais je pense que c’est pour lui cette année. J’espère tout de même que Vingegaard sera remis de sa chute. On verra bien.
