A l’occasion des 80 ans d’Eddy Merckx, TotalVelo vous propose une rétrospective de la carrière du Cannibale. Retour sur une carrière faite de gloire mais aussi de drames et de zone d’ombre.
Eddy Merckx. Une légende. Bien plus qu’un homme, une ère. Rival de Meckx, le Français Bernard Thévenet à un jour déclaré à son sujet : « Merckx ne courait pas pour gagner. Il courait pour tout prendre » Une phrase qui illustre à merveille ce qu’était Merckx, mâchoires serrées, muscles tendus, dévorant les kilomètres et ses adversaires. De 1965 à 1978, Eddy Merckx ne court pas : il règne, sans partage.
La Primavera 1966, le 1er acte de celui qui allait devenir « Le Cannibale »
Né le 17 juin 1945 à Meensel-Kiezegem (Brabant flamand) et fils de commerçants, Eddy Merckx découvre le vélo en allant livrer les clients de ses parents. Alors qu’il n’a que 16 ans, Eddy goûte aux plaisirs de la compétition, c’est alors pour lui un véritable coup de foudre. Il dispute sa première course à Laeken. Quelques mois plus tard, il décroche sa première victoire à Petit-Enghien. Le prodige est lancé. Trois ans plus tard, Eddy Merckx devient champion du monde amateur à Sallanches, en France. Le talent est brut, la rage déjà visible. Il passe professionnel l’année suivante, au sein de la formation Peugeot-BP. En 1966, il remporte Milan-Sanremo, sa première grande classique professionnelle. Un avant-goût d’une domination sans précédent.
Un palmarès hors norme qui ne sera probablement jamais égalé
Surnommé « Le Cannibale » pour son appétit insatiable de victoires, Eddy Merckx accumule les succès à un rythme jamais vu. Il totalise 525 victoires en carrière, dont 11 Grands Tours :
- Tour de France : 5 victoires (1969, 1970, 1971, 1972, 1974)
- Giro d’Italia : 5 victoires (1968, 1970, 1972, 1973, 1974)
- Vuelta a España : 1 victoire (1973)
Il remporte également 3 championnats du monde sur route (1967, 1971, 1974), et remporte chacun des 5 Monuments à plusieurs reprises.
- 7 Milan-Sanremo
- 5 Liège-Bastogne-Liège
- 3 Paris-Roubaix
- 2 Tour des Flandres
- 2 Tour de Lombardie
En 1972, il établit aussi le record de l’heure à Mexico avec 49,431 km parcourus, un exploit mythique à l’époque.
Suspecté de dopage sur le Giro 1969
Lors du Giro 1969, alors qu’il est porteur du maillot rose et qu’il a remporté pas moins de 4 étapes, Eddy Merckx voit soudainement le ciel lui tomber sur la tête à la suite d’un contrôle positif aux amphétamines. Malgré le soutien de son équipe et du public, le Belge est exclu du Tour d’Italie qui sera finalement remporté quelques jours plus tard par l’Italien Felice Gimondi. Sur le Critérium de Savona 1973, Le Cannibale est contrôlé positif à la Noréphédrine (stimulant) mais expliquera avoir utilisé un décongestionnant nasal sans avoir eu l’intention de tricher. Merckx s’en sortira avec un blâme.
Enfin, au terme de la Flèche Wallonne 1977 et alors qu’il est sur le déclin, Eddy Merckx est contrôle positif à la Pemoline (stimulant). Même si l’affaire ne fait pas grand bruit à l’époque, celle-ci ternit son image, même si encore une fois, Merckx clame ne jamais avoir eu l’intention de tricher.
Une double fracture du bassin en 1969 et une agression lors du Tour 1975
Malgré ses innombrables succès, la carrière d’Eddy Merckx est ponctuée de blessures. En 1969, lors du Critérium de Blois, il subit un grave accident qui lui cause une double fracture du bassin. Il ne retrouvera jamais tout à fait sa position naturelle sur le vélo, souffrant de douleurs dorsales chroniques jusqu’à la fin de sa carrière. En 1975, alors qu’il vise une sixième victoire au Tour de France, Eddy Merckx est victime d’une agression de la part d’un spectateur qui lui assène un coup de poing au niveau du foie et ce, en pleine ascension du Puy de Dôme. Affaibli, Merckx terminera 2e derrière le Français Bernard Thévenet.
Un dernier Monument en 1976 avant de se retirer en 1978
Eddy Merckx remporte son tout dernier Monument à l’occasion de Milan-Sanremo 1976. Sur le déclin, Le Cannibale est usé tant physiquement et que mentalement. S’il remporte encore quelques succès comme le Tour du Condroz ou une étape du Tour de Suisse, Eddy Merckx comprend que sa carrière touche doucement à sa fin. En 1978, le Roi Eddy décide de se retirer définitivement définitivement du peloton, à l’âge de 32 ans.
Les vélos « Eddy Merckx » voient le jour en 1980
Deux après avoir mis un terme à sa carrière, Eddy Merckx fonde sa propre marque de vélos haut de gamme. Des vélos qui apparaissent rapidement au sein du peloton professionnel auprès des équipes Motorola ou 7Eleven. Au cours des années 2010, la marque connaît pas mal de difficultés et est rachetée à plusieurs reprises. Aujourd’hui encore, la marque « Eddy Merckx » existe et se voit toujours associée à une image haut de gamme, appréciée de nombreux amoureux de la bicyclette et autres éternels admirateurs du Baron Eddy Merckx.