Première des classiques ardennaises, l’Amstel Gold Race a livré quelques conclusions aux Pays-Bas ce dimanche. Retrouvez en 5 choisies par la rédaction de TotalVelo.
L’Amstel Gold Race 2024 a sacré Marianne Vos et Tom Pidcock en fin de journée du côté de Valkenburg. Entre un Mathieu van der Poel loin d’être imbattable ou encore la révélation, s’il fallait encore un peu plus, de Paul Lapeira, TotalVelo a sélectionné 5 conclusions à l’issue de la première des classiques flandriennes.
Tom Pidcock, plus ardennais que flandrien
Avec ses multiples caractéristiques, difficile de cerner le profil exact de Tom Pidcock. Adepte des sous-bois et du VTT, le champion britannique semble se jeter sur tout ce qui bouge. Grands Tours, montagne, pavés et classiques ardennaises. D’ailleurs, il avait créé la petite « sensation » dimanche dernier en s’alignant au départ de Paris-Roubaix, une épreuve qu’il a remportée chez les Espoirs. Mais ses résultats chez les pros sont sans équivoque : Tom Pidcock est un ardennais, avant tout.
Il faut dire que le gabarit de Pidcock correspond plus à celui d’un grimpeur que d’un rouleur. Avec son 1,70 m et ses 58 kilos, le Britannique ne pèse pas lourd face aux pavés. Malgré tout, le coureur d’INEOS Grenadiers a obtenu de très bons résultats depuis son passage chez les pros en 2021. 3e de Kuurne, d’A Travers la Flandre, 5e du Omloop… il pèche sur les grands rendez-vous : le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.
Cependant, ses performances sur les ardennaises sont indéniables : podiums à l’Amstel Gold Race puis vainqueur en 2024, 2e de Liège-Bastogne-Liège, vainqueur de la Flèche Brabançonne ou encore 6e dans le Mur de Huy… Tom Pidcock a peut-être tout intérêt à se focaliser sur ces courses avant de viser les Flandriennes.
Mathieu van der Poel n’est pas imbattable
Grandissime favori de l’Amstel Gold Race ce dimanche, Mathieu van der Poel a marqué le pas après son extraordinaire début de saison. Vainqueur étincelant du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, le champion du monde n’a pas réussi à réaliser un nouvel exploit sur la course qui l’a fait naître sur la route en 2019. D’ailleurs, il ne s’est pas cherché d’excuses à l’arrivée : « Je n’avais certainement pas les jambes de ces dernières semaines, mais c’était agréable de participer à nouveau à l’Amstel Gold Race. C’est un autre type de course, les choses sont peut-être un peu plus tactiques ici entre les différentes ascensions ».
Les yeux du Néerlandais sont sûrement rivés un peu plus loin, ce dimanche 21 avril, à l’occasion de Liège-Bastogne-Liège. Malgré tout, après sa prestation à l’Amstel, Mathieu van der Poel serait-il en train de marquer le pas ? Selon certains observateurs à l’instar de Nicolas Fritsch, pour Eurosport, le petit-fils de Raymond Poulidor « s’est désintéressé de la course ». Et d’ajouter : « Course sans stress, bornes et intensité avant Liège, incertitudes pour ses adversaires ». Reste qu’à Liège, il tombera sur un os en la personne de Tadej Pogacar. Sans oublier, bien évidemment, Tom Pidcock…
La grande révélation Paul Lapeira
S’il s’est illustré il y a plusieurs semaines en Coupe de France, en gagnant coup sur coup la Classic Loire Atlantique et Cholet, Paul Lapeira est la grande révélation de cette Amstel Gold Race 2024, 5e. A 24 ans, le coureur français s’est montré offensif et a même failli jouer la gagne. « Quand le groupe qui va au bout sort, j’ai peut-être un peu manqué d’audace, je pense qu’à la jambe j’aurais pu y être. Je ne reviens pas loin de la gagne, c’est frustrant mais bon… », a-t-il dit après la course.
Il faut dire que Lapeira est sur un petit nuage. Si l’on attendait plutôt Benoît Cosnefroy, qui a calqué sa course sur Mathieu van der Poel, le jeune français de l’équipe Decathlon AG2R La Mondiale a saisi sa chance en sortant loin de l’arrivée. Seulement, dans le final, il s’est fait « piéger » et a laissé partir le quatuor gagnant. Malgré une tentative dans les cinq derniers kilomètres pour rentrer, l’effort de Lapeira s’est avéré vain. Quoiqu’il en soit, le natif de Fougères prend rendez-vous avec les prochaines grandes échéances.
Michael Matthews, encore et toujours premier des « perdants »
Quelle incroyable saison de Michael Matthews ! A 33 ans, l’Australien semble se bonifier. Mais pourtant, il a un triste statut : le gagnant des « perdants ». Sur ces dernières courses, le coureur de la Jayco AlUla a systématiquement fini placé. Avec son excellente pointe de vitesse, Bling Matthews est souvent au-dessus du lot dans le final des courses difficiles. Pourtant, il n’a encore (presque) rien pu se mettre sous la dent.
Matthews est passé à deux doigts de remporter Milan-Sanremo en début d’année, la faute à une erreur de son sprint. Sûrement trop « gentil ». Quelques semaines plus tard, il est déclassé du Tour des Flandres après avoir terminé 2e en raison d’un sprint jugé irrégulier. Sur la Flèche Brabançonne, il est encore là. Parmi les meilleurs, mais pas dans le groupe de tête. Il règle alors le sprint des « battus ». Idem ce dimanche à l’Amstel Gold Race où il a pris la 10e place en imposant, aisément, sa pointe de vitesse. Avec un peu plus de réussite, il aurait très bien pu avoir l’un des plus beaux palmarès de ce début de saison.
Il ne faut jamais lever les bras trop tôt…
C’est une erreur qui arrive souvent et qui, pourtant, se reproduit encore et toujours. Ce n’est pas qu’un manque d’expérience. Lorena Wiebes, même si elle n’a que 25 ans, a tout d’une coureuse expérimentée du haut de ses 77 victoires en carrière. Pourtant, la Néerlandaise regrettera longtemps de s’être relevée trop tôt dans son sprint pour la victoire sur l’Amstel Gold Race, elle qui avait fait le plus dur en franchissant le Cauberg avec les meilleures dans les 3 derniers kilomètres. De son côté, Marianne Vos (36 ans), même si elle n’y croyait plus, a continué jusqu’à la ligne pour « sauter » sa compatriote.







